‹ Œuvres de Montesquieu (volume 5)Chapitre 1 sur 92 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

M. de Montesquieu ayoit pris bien de la peine pour poeer des bornes entre le despotisme et la noionarefaie tempérée ^ qui lui sembloit le gouvernement naturel des Français ; mais comme il est toujours fort dangereux que la monarchie ne tourne en despotisme^ il auroit voulu ^ à*il eût été possible ^ rendre le despotisme même utile. Dans cette vue il a tracé la peinture la plus riante d'un despote qui rend ses peuples heureux : il s'est peutnltre iSatté qu'un jour^ en lisant son ouvrage^ un prince, une reine , un ministre , désireroient de ressembler à Arsace , à Isménie , ou à Aspar^ ou d'être euX'-mêmes les modèles d'une peinture encore plus belle.

Au reste , plusieurs hommes peuvent être ou despotes ou rois dans leur famille, dans leur société , dans leurs emplois divers : nous pouvons tous faire notre profit de l'Esprit des Lois et de cet ouyrage-ci.

L'auteur voyoit l'empire que les femmes ont aujourd'hui sur les pensées des hommes : pour s*assurer les disciples , il a cherché à se rendre les maîtres favorables ; il a parlé la langue qui leur est la plus familière et la plus agréable ; il a fait un roman : il y a peint l'amour tel qu'il le sentoit^ impétueux, rarement sombre, souvent badin.

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