TU
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cerf. Cela est aise; mais lorsque la Fontaine commence ainsi une de ses fables,
Entre les pattes d'un lion Un rat sortit de terre assez à l'étourdie. Le roi des animaux, en cette occasion.
Montra ce qu'il étoil , et lui donna la yie.
il compare les modifications de Tâme du roi des animaux avec les modifications de Tâme dW véritable roi.
Michel-Ange est le maître pour donner de la noblesse à tous ses sujets. Dans son fameux Bacchus , il ne fait point comme les peintres de Flandre qui nous montrent une figure tombante , et qui est', 'pour ainsi dire , en l'air. Cela seroit indigne de la majesté d'un dieu. Il le peint ferme sur ses jambes ; mais il lui donne si bien la gaieté de Tivresse, et le plaisir à voir couler la liqueur qu'il verse dans sa coupe , qu'il n'y a rien de si admirable.
Dans la Passion qui est dans la galerie de Florence, il a peint la Vierge debout, qui regarde son fils crucifié, sans douleur, sans pitié, sans regret, sans larmes. Il la suppose instruite de ce grand mystère, et par-là lui fiiit soutenir avec tgrandeur le spectacle de cette mort.
Il n'y' a point d'ouvrage de Michel- Ange où il
SUR LE GOUT. l63
n'ait mis quelque chose de noble : on trouve du grand dans ses ébauches mêmes , comme dans ces vers que Virgile n'a point finis.
Jules Romain, dans sa chambre des géans à Mantoue, où il a représenté Jupiter qui les foudroie , fait voir tous les dieux ef&ayés : mais Junon est auprès de Jupiter; c^lle lui montre, d'un air assuré, un géant sur lequel il faut qu'il lance la foudre : par4à il lui donne un air de grandeur que n'ont pas les autres dieux : plus ils spnt près de Jupiter, plus ils sont rassurés ; et cela est biep naturel ; car, dans une bataille, la frayeur cesse auprès de celui qui a de l'^vantage.,.-,.. (i)