DE I.A RELIGION
Dieu est comme ce monarque qui a plusieurs nations dans son empire ; elles viennent toutes lui porter un tribut,- et chacune lui parle sa langue , religion diverse.
Quand rimmortalité de l'âme seroit une erreur , je serois fâché de ne pas la croire : j'avoue que je ne suis pas si humble que les athées. Je ne sais comment ils pensent ; mais pour moi je
* M. de Blaurcpai.
DIVERSES. 3ig
ne veux pas troquer Pîdëe de mon immortalité contre celle de la béatitude d^un jour. Je suis charme de me croire immortel comme Dieu même. Indépendamment des idées révélées, les idées métaphysiques me donnent une très-forte espérance de mon bonheur étemel, à laquelle je ne voudrois pas renoncer.
La déyotion est une croyance qu'on vaut mieux qu'un autre.
U n'y a pas de nation qui ait plus besoin de religion que les Anglais. Ceux qui n'ont pas peur de se pendre doivent avoir la peur d'être damnés.
La dévotion trouve , pour faire de mauvaises actions, des raisons qu'un simple honnête homme ne sauroit trouver.
Ce que c'est que d'être modéré dans ses principes ! Je passe en France pour avoir peu de religion, en Angleterre pour en avoir trop.
Ecclésiastiques : flatteurs des princes , quand ils ne peuvent être leurs tyrans.
Les ecclésiastiques sont intéressés à maintenir les peuples dans l'ignorance ; sans cela , comme l'Evangile est simple , on leur diroit : Nous savons tout cela comme vous. .
J'appelle la dévotion une maladie du cœur, qui donne k l'âme uneT folie dont le caractère est le plus aimable de tous.