DES GRANDS HOMMES DE FRANCE
INious n'avons pas laissé d'avoir eh France de ces bommes rares qui auroient été avoués des Romains.
La foi, la justice et la grandieur d'âme montèrent sur le trône avec Louis IX.
Tanneguy du Ghâtel abandonna les emplois dès que Ja voix publique s'éleva contre lui ; il quitta sa patrie sans se plaindre , pour lui épargner ses murmures.
Lé chancelier Olivier introduisit la justice jusque dans le conseil des rois, et la politique plia devant elle.
La France n'a jamais eu de meilleur citoyen que Louis XIL
Le cardinal d'Amboise trouva les intérêts du
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peuple dans ceux du roi , et les intérêts du roi dans ceux du peuple.
Charles VIII connut, dans la première jeunesse même , toutes les vanités de la jeunesse. •
Le chancelier de FHôpital , tel que les lois , fut sage comme elles dans une cour qui n'ëtoit calmée que par les plus profondes dissimulations, ou agitée que par les passions les plus violentes.
On vit dans La Noue un grand citoyen au milieu des discordes civiles.
L^amiral de Coligny fut assassiné, n^ayant dans le cœur que la gloire de l'état; et son sort fut tel, qu'après tant de rébellions il ne put être puni que par un grand crime.
Les Guises furent extrêmes dans le bien et dans le n^al qu'ils firent à l'état. Heureuse la France , s'ils n'avoientpas senti couler dans leurs veines le saïig de Charlemagn^!
Il semble que Tâme de Miron , prévôt des marchands , fut celle de tout le peuple.
César auroit été comparé à M. le prince , s'il étoit venu après lui.
Heqri IV Je n'en dirai rien, je parle à des
Français.
Mole montra de l'héroïsme dans une condî-
tian qui ne s^appuie ordittairement que sur d'au* très vertus.
Turenne n'avoit point de vices ; et peut-être que , s'il en avoit eu , il auroit porte certaines vertus plus loin. Sa vie est un hymne à la louange de rhumanitë.
Le caractère de Montausier a quelque chose des anciens philosophes , et de cet excès de leur raison.
Le maréchal de Catinat a soutenu la victoire avec modestie , et la disgrâce avec majesté, grand encore après la perte de sa réputation même.
Vendôme n'a jamais eu rien à lui que sa gloire.
Fontenelle , autant au-dessus des autres hommes par son cœur, qu'au-dessus des hommes de lettres par son esprit.
Louis XIV, ni pacifique , ni guerrier : il avoit les formes de la justice, de la politique, de la dévotion , et l'air d'un grand, roi. Doux avec ses domestiques, libéral avec ses courtisans, avide avec ses peuples, inquiet avec ses ennemis, despotique dans sa famille, roi dans sa cour, dur dans ses conseils , enfant dans celui de conscience , dupe de tout ce qui joue le prince , les ministres, les femmes et les dévots; toujours gouvernant , et toujours gouverné , malheureux dans ses choix, aimant les sots, souffrant les
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talens , craignant Teiprit ; sérieux dans ses amours , et, dans son dernier attachement, foible à faire pitié ; aucune force dVsprit dans les succès; de la sécurité dans les revers, du courage dans sa mort. Il aima la gloire et la religion , et on l'empêcha toute sa vie de connoitre ni Tune ni Tautre. Il n'auroit eu presque aucun de ces défauts, s'il avoit été un peu mieux élevé, et s'il avoit eu un peu plus d'esprit. Il avoit l'âme plus grande que l'esprit. Madame de Maintenon abaissoit sans cesse cette âme pour la mettre à son point.
Les plus méchans citoyens de France furent Richelieu et Louvois. J'en nommerois un troisième *; mais épargnons-le dans sa disgrâce.