AUX MUSES
ViEEGES du mont Piérie (i), entendez-vous le nom que je vous donne ? inspirez-moi. Je cours
(*) Cette pièce se trouve dans un mémoire historique sur la vie et l«ft Oarrsiges de Jacob Verset, impriaoké à Genève en 1790.
li'intention de Montesquieu étoit de placer à I9 tête du jseqon<)[ volume de l'Esprit des Lois une Invocation aux Muses : il l'avoit même déjà envoyée à Jacob Yernet , ministre de l'église de Genève , qui s'étoit chargé de revoir les épreuves de l'ouvrage.
Vernet trouva le morceau «h^rmant , mais déplacé dai^s l'Baprit des Lois : il pria Montesquieu de le supprimer.
L'auteur n'y consentit pas d^abord ; il répondît : « 'S. l'égard de 9 rinvocMÎQn aux Muses , ell^ a contre eUe que c'est une cbo^e stn- » gulière dans cet ouvrage ^ et qu'on n'a point encore faite; mais ^
• quand une chose singulière est bonne en elle-même , il ne faut
• pas la rejeter pour la singularité , qui devient elle-taême une raison » de succès ; ^% i\ n'y a point d'ourraçe où il faille pluf songer k dé- » lasser le lecteur que dans celui-ci , à cause de la longueur et de la » pesanteur des matières. »
Cependant, qfuinze jours après , Montesquieu changea d'opipion^ et il écrivit à son éditeur : «J'ai été long-teiQpç'inD/ïrt^in, n^pn-' » situr , au sujet de l'Invocation , entre un de mes amis qui vou'- » lolt qu'on la laissât, et vous qui vouliez qu'on l'ôtât. Je me range
• à vptre lavi* , et ^jçn fenaeioeiit , et vous ^ite de ne 1». p»»
• mettre. »
(1) Narrate, puellae
Piérides ; prosit mihi vos dixisse puellas.
Jwv. Sftt. IV, V. 35-36.