‹ Œuvres de Montesquieu (volume 5)Chapitre 89 sur 92 · DU BARON SECONDAT DE MONTESQUIEU A L'ABBE DE GUASGO · texte numérisé non relu

DU BARON SECONDAT DE MONTESQUIEU A L'ABBE DE GUASGO

Je n'ai pu lire votre lettre de Florence , du 8 février, sans le plaisir le plus sensible et la plus tendre reconnoissance. Je connois depuis longtemps de réputation M. Tabbé marquis Niccolini et monseigneur Cerati. J'en ai cent fois entendu parler à ùion père dans les termes les plus affectueux, et qui peignoient le mieux la sympathie qui étoit entre leurs âmes et la sienne. J'accepte vos offres (1) et les leurs ; elles sont trop hono-

et par amitié. G'est celui qui a fourni le plus d'articles à l'Encyclopcdie.

(1) Getami lui avoit écrit que monseigneur Gerati et M. l'abbé Niccolini , quoiqu'ils ne fussent point membres de l'académie'de Bordeaux, vouloient s'associer à l'offre qu'il avoit déjà faite luimême de contribuer à la dépense d'un buste en marbre de M. de Montesquieu, qu'il feroit exécuter en Italie par un des plus babiles

rables à la mémoire de mon père , pour n'être pas reçues avec tout le respect et toute îa tendresse possible. Quelques acade'miciens contribueront avec plaisir à la dépense ; mais nous ne pouvons pas faire beaucoup de fond sur ces secours. Je ne puis même vous dire à présent jusqujoù s'étendroit leur générosité. Je ne sais si les Français sont trop vains ; mais nous croyons avoir à présent en France des sculpteurs aussi habiles que ceux d'Italie. On étoît même convenu dû prix avec ^ M. Lemoine. C'est l'homme du monde le plus généreux et le plus désintéressé. L'académie française ayant désiré d'avoir un portrait (i) de mon père, et les peintres fameux de Paris ayant refusé de s'en charger, vu la difficulté de réussir avec le seul secours de la médaille frappée par les Anglais, M. Lemoine se prêta de la meilleure

sculpteurs, pour être placé dans la salle de ses assemblées, et cela pour faciliter Teffet dé la délibération que l'académie avoit prise d'érig«r un pareil monument, mais qi|i étoijt arrêtée , faute de fonds dans la caisse de l'académie.

(i) M. de Montesquieu ne s'étoit jamais soucié de se faire peindre ; et ce ne fut qu'après des difficultés infinies qu'il accorda aux iq|tances de M. l'abbé de Guasco , qui étoit à Bordeaux avec lui, de se laisser tirer par un peintre italien qni passoit par cette ville en l'evenant d'Espagne. Cet ami possède ce portrait, qui est assez ressemblant, et le seul qui «xis^, fait d'après nature, lï nî'a dit que le peintre assuroit n'avoir jamais peint un homqae dont la physionomie changeât tant d'un moment à l'autre , et qui eût si peu de patience^ à prêter son Visage.

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