‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 34 sur 129 · CHA.PITRE VI · texte numérisé non relu

CHA.PITRE VI

ner à tous les peuples leurs lois et leurs coutumes : cela n'est bon à rien ; car , dans toute sorte de gouvernements , on est capable d'obéir.

Mais Rome n'imposant aucunes lois générales, les peuples n'avoient point entre eux de liaisons dangereuses; ils ne faisoient un corps que par une obéissance commune ; et , sans être compatriotes , ils étoient tous Romains.

On objectera peut-être que les empires fondés sur les lois des fiefs n'ont jamais été durables ni puissants. Mais il n'y a rien au monde de si contradictoire que le plan des Romains et celui des barbares : et, pour n'en dire qu'un mot, le premier étoit l'ouvrage de la force , l'autre de la foiblesse ; dans l'un la sujétion étoit extrême, dans l'autre l'indépendance. Dans les pays conquis par les nations germaniques , le pouvoir étoit dans la main des vassaux, le droit seulement dans la main du prince : c'étoit tout le contraire chez les Romains.

Page 1