‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 56 sur 129 · CHAPITRE XI. ion · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. ion

même ^ : et, quoique, par la continuation de la tyrannie, cet esprit de liberté se perdît peu à peu, les conjurations, au commencement du règne d'Auguste, renaissoient toujours.

C'étoit un amour dominant pour la patrie , qui , sortant des règles ordinaires des crimes et des vertus , n'écoutoit que lui seul , et ne voyoit ni citoyen , ni ami, ni bienfaiteur, ni père : la vertu sembloit s'oublier pour se surpasser elle-même; et l'action qu'on ne pouvoit d'abord approuver, parce qu'elle étoit atroce, elle la faisoit admirer comme divine.

En effet , le crime de César , qui vivoit dans un gouvernement libre, n'étoit-il pas bors d'état d'être puni autrement que par un assassinat? Et demander pourquoi on ne l'avoit pas poursuivi par la force ouverte ou par les lois, n'étoit-ce pas demander raison de ses crimes.?

' Lettres de Brutui , dans le recueil de celles de Ciccron, lettre x\i.

I OtS GRANDEUR ET DÉCADENCE DES ROMATNS.

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