‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 6 sur 129 · CHAPITRE I. II · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. II

leurs succès furent plus éclatants ; ils profitèrent mieux de leurs victoires ; ils firent de plus grandes conquêtes; ils envoyèrent plus de colonies : enfin la prise de Veïes fut une espèce de révolution.

Mais les travaux ne furent pas moindres. S'ils portèrent de plus rudes coups aux Toscans , aux Eques et aux Volsques , cela même fit que les Latins et les Herniques , leurs alliés , qui avoient les mêmes armes et la même discipline qu'eux, les abandonnèrent ; que des ligues se formèrent chez les Toscans; et que les Samnites, les plus belliqueux de tous les peuples de l'Italie, leur firent la guerre avec fureur.

Depuis l'établissement de la paie le sénat ne distribua plus aux soldats les terres des peuples vaincus : il imposa d'autres conditions ; il les obligea, par exemple , de fournir à l'armée une solde pendant un certain temps , de lui donner du blé et des habits ^

La prise de Rome par les Gaulois ne lui ôta rien de ses forces : l'armée, plus dissipée que vaincue, se retira presque entière à Veïes; le peuple se sauva dans les villes voisines; et l'incendie de la ville ne fut que l'incendie de quelques cabanes de pasteurs.

' Voyez les traités qui furent faits.

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