ACTE I, SCÈNE IL ag
Je coucherai de feux , de sanglots , de martyre ; \
Je te dirai , u Je meurs , je suis dans les abois , « Je brûle.... »
Et tout cela de ce beau ton de voix ?
Ah ! si tu m'entreprends deux jours dé cette sorte. Mon cœur est déconfit, et je me tiens pour morte; Si tu me veux en vie , afibiblis ces attraits. Et retiens pour le moins la moitié de leurs traits.
CLITON
Tu sais même charmer alors que tu te moques.
Gouverne doucement Fâme que tu m'escroques.
On a traité mon maître avec moins de rigueur; On n'a pris que sa bourse , et tu prends jusqu'au cœur.
LYSE
Il est riche ton mattre ?
CLITON
Assez.:
LYSE
Et gentilhomme?
CLITON. >; .'
Il le dit.
LYSE
Il demeure ?
CLITON
A Paris.
Et se nomme?
DORANTE, fouillant dans la bourse,
Porte-lui cette lettre, et reçois
3o LA SUITE DU MENTEUR.
CLlTpN, lin setènant le bras.
Sans conipler ?
DORANTE
Cette part de l'argent que tn viens d'apporter.
CLITON
Elle n'en prendra pas ^ monsieur^ je vous proteste,
LYSE
Celle qui vous l'envoie en a pour moi dQ restq.
CLITON-
Je vous le disois bieû, elle a le cœur trop bon.
LrYSE.
Lui pourrai^jé> monsieur, apprendre votre nom?
il est dans mon.kîUet. Mais prends, je t'en conjure.
CLlTON.
Vous faut-il dire encor que (S'est lui faire injure ?
LYSE
Vous perdez temps, monsieur; je sais trop mon devoir. Adieu : dans peu de temps je viendrai vous revoir; Et porte tant de joie à celle qui vous aime.
Qu'elle rapportera la réponse elle-même.
CLITON
Adieu, belle railleuse.
LYSE. •« î-
Adieu , cher babillard. '
^ S'il ne s'agissait 'dans cette scène qne d'une femme qui a vu passer un prisonnier / qui , sans le connaître , devient amoureuse de lui , qui lui' déclare sa passion en lui envoyant de l'argent , ce ne serait qu'une aventure incroyable et indécente de lios anciens romans; et ce qui n'est ni décent ni yrsiBelnblable ne .p^t jamais