ACTE I, SCÈNE IL
CLITON
Je suis ressuscité; prêt, ou don , ne m'importe.
DORANTE, àCliton.
(àLyse.)
Prends, ie le lui rendrai même avant que je sorte.
CLITON, à Lyse.
Écoute un mot : tu peux t'en aller à l'instant , Et revenir demain avec encore autant.
Et vous, monsieur, songez à changer de demeure: Vous serez innocent avant qu'il soit une heure.
DORANTE, àCliUM).
(àLyae.)
Ne me romps plus la tête ; et toi, tarde un moment; J'écris à ta maîtresse un mot de compliment.
( Dorante Ta écrire sur la table. ) CLITON.
Dirons-nous cependant deux mots de guerre ensemble?
LYSE
Disons.
CLITON
Contemple-moi. *
LYSE
Toi?
Oui , moî . Que t'en semble?
Dis. f
LYSE
Que tout vert et fouge ainsi qu'un perroquet. Tu n'es que bien en cage, et n'as que du caquet.
CLITON-
Tu ris. Cette action, qu'est-elle?
a8 LA SUITE DU MENTEUR.
LYSE
Ridicule.
CLITON
Et cette main ?
LYSE
De taille à bien ferrer la mule.
CLITON
Cette jambe , ce pied ?
Si tu sors des prisons^ Dignes de t'installer aux petites-maisons.
GLITON.
Ce front?
LYSE
Est un peu creux.
CLITON
Cette tête?
LYSE
Un peu folle.
CLITON
Ce ton de voix enfin avec cette parole ?
LYSE
Ah ! c'est là que mes sens demeurent étonnés ; Le ton de voix est rare aussi-bien que le nez.
^ Cl-ITON.
Je meure ^ ton humeur me semble si jolie , Que tu me vas résoudre à faire une folie.
Touche ; je veux t'aimer , tu seras mon souci : Nos maîtres font l'amour ^ nous le ferons aussi. J'aurai mille beaux mots tous les jours à te dire ;