ACTE III, SCÈNE V
Yoas n'avez pas beaucoup à ^r^mdre l'ayeiiÂr. Le temps ne la rendra ^é plu5 inexorable ; Le temps détrompera peut-«tre un mjâ^r9i>|e. . Daignez lui donner lieu de ,me :pouvoir >0Viérîr / . Et ne me perdez pas en. yo^i^aAt m'acqiiiéi^ir*,
Quoi ! TOUS voulez enfin me devoir votre gloire I • Certes , un tel inirade est difficile à croire > Que vous, qui n'aspiriez qu'à ne me devoir rien. Vous me vouliez devoir un si préeieux bien.
Mais comme en ses désirs aisément on se flatte, Dussé-je contre moi servir une ime ingrate , Perdre encor mes favcturs , et m eux vjcm abuser , Je vous aime encor trop pour vous rien refuser.
Oui, puisque Théodore enfin me rend capable De vous rendre une fois un office agréable, Puisque son intérêt vowp îfonce à me .tcaîter Mieux que tous mes )bienf$â(ts ^'avoient su mériter , Et par soin de vous plair^e , et par i^onnoisaance , ' Je vais pour l'un et l'autre employer ma ipuissance , Et , pour un peu d'espoir qui m'est en vain rendu , Rendre à mes eimemis Thoipineur presque perdu ; Je vais d'un juste juge adoucir la colère , Rompre le triste effet d'un arrêt trop sévère. Répondre à votre attente , et vous faire éprouver Cette bonté qu'en moi vous. espérez trouver.
Jugez par cette épreuve , à mes vœux si cruelle , Quel pouvoir vous avez sur l'esprit de Marcelle, . Et ce que vous pourriez un peu plus complaisant, , Quand vous y pouvez tout , même ^1 la méprisant.
196 THÉODORE
Mais potirrai-je à mon tour vous faire une prière ?
PLACIDE
Madame , at^ nom des dieux ^ faitesHmoi grâce entière :
En Tétât où je suis, quoi qu'il puisse avenir ,
Je vous dois tout pronaettre et ne puis rien tenir;
Je ne vous puis donner qu'une attente fiivole ;
Ne me réduisez point à manquer de parole :
Je crains, mais j'aime encore, et mon cœur amoureux
• ' MARCELLE
Le mien est raisonnable autant que généreux.
Je ne demande pas que vous cessiez encore
Ou de haïr Flavie, ou d'aimer Théodore :
Ce grand coup doit tomber plus insensiblement
Et je me défîrois d'un si prompt changement.
11 Ëuit languir encor dedans Fincertitude ,
Laisser faire le temps et cette ingratitudes :
Je ne veux à présent qu'une fausse pitié.
Qu'une feinte douceur , qu'une ombre d'amitié.
Un* moment de visite à la triste Flavie
Des portes du trépas rappelleroit sa vie :
Cependant que pour vous je vais tout obtenir,
Pour soulager ses maux , allez l'entretenir ;
Né lui promettez rien , mais souffrez qu'elle espère ;
Et trompez-la du moins pour la rendre à sa mère ;
Un coup d'ooil y suffit, un mot ou deux plus doux.
Faites un peu pour moi quand je fais tout pour vous :
Daignez pour Théodore un moment vous contraindre.
PLACIDE
Un moment est bien long à qui ne sait pas feindre; Mais vous m'en conjurez par un nom trop puissant