‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 113 sur 240 · SCÈNE VL MARCELLE, STÉPHANIE · texte numérisé non relu

SCÈNE VL MARCELLE, STÉPHANIE

STEPHAN.IE

Enfin vous triomphez de cet esprit rebelle. '

MARCELLE. ' -^ '

Quel triomphe ! i^ * ^

STEPHANIE.

Est-ce peu que de voir à vos pieds Sa haine et son orgueil enfin humiliés ?

MARCELLE

Quel triomphe ! te dîs-je ; et qull a d'amertumes! Et que nous sommes loin de^ ce que tu présumes I

> Cette scène est une des plus étranges qui soient an tbéâtre français. Rendez une visite de civilité à ma fille , sinon je voie prostituer voire maîtresse aux portefaix d'jintioche ; c'est la substance de cette scène et Tintrigue de la pièce. Disons hardiment qu'il n'y a jamais i;ien eu de é. mauvais en aucun genre : il ne faut pas ménager les fautes portées à cet excès. *

* On ne doit point ménager les fautes , mais on doit ménager les termes quand on relève les fautes d*an grand homme. )P.

rgS THÉODORE.

Tu le vois à mes pieds pleurer , gémir , prier : Mais ne crois pas pourtant le voir s'humilier , Ne crois pas qu'il se rende aux bontés qu'il implore ; Mais vois de quelle ardeur il aime Théodore , Et juge quel pouvoir cet amour a sur lui , Puisqu'il peut le réduire à chercher mon appui. Que n'oseront ses feux entreprendre pour elle , S'ils ont pu l'abaisser jusqu'aux pieds de Marcelle ? Ej que dois-je espérer d'un coeur si fort épris , Qui j même en m'adorant, me fait voir ses mépris ? Dans ses soifmissions vois ce qui l'y convie ; Mesure à son amour sa haine pour Flavie ; Et voyant l'un et l'autre en son abais^ment^ Juge de mon triomphe un peu plus sainement ; Vois dans son triste effet sa ridicule pompe. J'ai peine en triomphant d'obtenir qu'il me trompe , Qu'il feigne par pitié , qu'il donne un Êiux espoir.

STÉPHAKIE.

Et vous Tallez servir de tout votre pouvoir?

Oui, je vais le servir, mais comme il le mérite. Toi , va par quelque adresse amuser sa visite. Et sous un Êiux appât prolonger l'entretien.

STÉPHANIE

Donc...

MARCELLE

Le temps presse; va, sans t'informer de rien.

FIN DU TROISIÈME ACTE

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