‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 127 sur 240 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

« Fuyez spuâ mon habit , et me laissez^ de grâce ^ « Sous le vôtre en ces lieux occuper votre place ; (c C'est par ce: moyen seul qu'on peut Vous garantir : a Conservez ui^ vierge en faisant un. martyr. » Elle, à cette pri^ encor demi««tremblante ^ Et mêlant à sa joie un reste d'épouvante , Me demande pardon, d'un visage étonné.

De tout ce qiie sop âme a craint , ou soupçonné. Je m'apprête à l'éc^i^ge, elle à la mort s'apprête; Je lui tend^ mes hai>its , eUe m'offre sa tête , Et demande à sauver un si précieux bien Aux dépens de son sang ^ plutôt qu'au piix du mien 1 Mais Dieu la persuade , et notre cc»nbat cesse. Je vois suivant mes vœux (échapper la princesse.

C'étoit donc à dassoin, quelle cachoit ses yeux. Comme rouges de honte , en sortant de ces lieux?

En lui dis^t adîeU) je l'en.'avois'instruîte;

Et le ciel a daigpié. favQiiser^safiïite.

Seigneur 9 vce peu de. mots suffit pOur kou^ guérir :

Vivez sans jalousie , çt m'envoyez mourir.

Hélas! et le moyen d'ê(A*e^sans jalousie,

Lorsipie œ cher objet te doit plus que la vie !

Ta courageuse adresse à ses divins appas

Vient de rendre un secours que leur devoit mon bras ;

Et lorsque je me laisse amuser de paroles ,

Tu t'exposes pour elle , ou plutôt tu t'immoles :

Tu donnes itout ton sang pour lui sauver l'honneur;

s\6 THÉODORE.

Et je ne serois pas jaloux de ton bonheur !

Maïs feroifr-je périr celui qui l'a sauvée^ Celui par qui Marcelle est pleinement bravée , Qui m'a rendu ma gloire ^ et préservé mon front Des infîUnes couleurs d'un si mortel affront? Tu vivras. Toutefois défendrois-je ta tête , Alors que Théodore est ta juste conquête^ Et que cette beauté qui me tient sous sa loi Ne sauroit plus sans crime être à d'autres qu'à toi ? N'importe, si ta flaihme en est mieux écoutée > Je dirai seulement que tu l'as méritée ; Et , sans plus regarder ce que j'aurai perdu, J'aurai devant les yeux ce que tu m'as rendu. De mille déplaisirs qui m'arrachoient la vie Je n'ai plus que celui de te porter envie; Je saurai bien le vaincre, et« garder pour tes feux Dans une âme jalouse un esprit généreux.

Va donc, heuQfSux rival, rejoindre ta princesse ; Dérobe-toi comme elle aux yeux d'iane tigrcsse : Tu m'as sauvé l'honneur ,)'«6surerai tes jours , - Et mourrai, s'il le fiiut , mdb^méme à ton secours.

niDYME. •

Seigneur....

PLACIDE

Ne me dis rien. Après de tels services Je n'ai rien à prétendre à moins que tu périsses. Je le sais , je l'ai dit; mais , dans ce triste état, Je te suis redevable, et ne puis^tre ingrat.

FIN DU QUATRIÈME ACTE

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