ACTE V, SCÈNE VIII
Et, pressant sa foreur qu'accroît cette présence , « Viens, dit-elle , viens voir l'efifet de ton secours ;. » Et sans perdre le temps en de plus longs discours , Ayant fait avahcer lune et l'autre victime , D'un côté Théodore , et de l'autre Didyme , • Elle lève le bras, et de la même main Leur enfonce à tous deux un poignard dans le sein.
VALENS
Quoi ! Théodore est morte ?
STEPHANIE.
. Et Didyme avec elle.
' . VALENS
Et l'un et l'autre enfin de la main de Marcelle ? Ah ! tout est pardonnable aux douleurs d'un amant ; Et quoi qu'ait fait Placide en son ressentiment....
STEPHANIE.
Il n'a rien fait , seigneur; mais écoutez le reste : Il demeure, immobile à cet objet funeste ;* Quelque ardeur qui le pousse à venger ce malheur. Pour en avoir la force il a trop de douleur; Il pâlit, il frémit , il tremble , il tombe , il pâme , Sur son cher Cléobule il semble rendre l'âme.
Cependant, triomphante entre ces deux mourants, Marcelle ]es contemple à ses pieds expirants, Jouit de sa vengeance, et d un regard avide En cherche les douceurs jusqu'au cœur de Placide ; Et tantôt se repaît de leurs derniers soupirs , Tantôt goûte à pleins yeux ses mortels déplaisirs,' Y mesure sa joie , et trouve plus charmante La douleur de l'amant que la mort de l'amante ,
334 THÉODORE
Nous témoigne un dépit qu'après ce coup fatal , Pour être trop sensible /il sent trop peu son mal ; En hait sa pâmoison qvi la laisse impunie^ Au péril de ses jours la souhaite finie.
. Mais k peine il rent , qu'elle hausse la voix : ce Je n'ai pas résolu de mourir à ton choix ^"^ <( Dit-elle , ni d'attendre à rejoindre Flavie u Que ta rage insolente ordonne de ma vie. « Â ces mots , furieuse ^ et se perçant le flanc , De ce même poignard ftunant d'un autre sang, ^Elle ajoute : w Va , traître , à qui j'épargne un crime ; ce Si tu veux te venger , cherche une autre victime ; « Je meurs y mais j'aide quoi rendre grâces aux dieux, c<^ Puisque je meurs vengée , et vengée à tes yeux. » Lors même, dans la mort conservant son audace. Elle tombe , et tombant elle choisit sa place , D'où son œil semble encore à longs traits se soûler Du sang dei malheureux cpi'elle vient d'immoler.
VALENS
Et Placide?
STÉPHANIE
J'ai fui, voyant Marcelle morte , De peur qu'une douleur et si juste et si forte Ne vengeât.... Mais, seigneur, je l'aperçois qui vient.
Arrête , de foiblesse à peine il se soutient ; Et d'ailleurs à ma vue il saura se contraindre.
^ n y a dans ce récit quelques ver* dignes de Corneille , et que Voluure aiirait pu faire remarquer. P*