‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 146 sur 240 · LAONICE, TIMAGÈNE · texte numérisé non relu

LAONICE, TIMAGÈNE

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Enfin ce jour pompeux, cet heureux jour nous luit, Qui d'un trouble si long doit dissiper la nuit;; ^

1 A CQ magnifique début,* qui annonce la réunion entre la Perse et la Syrie et la nomination d'un roi , etc. , on croirait que ce sont des princes qui parlent de ces grapds iutéréls ( quoiqu'un prince nB dise guère qu'un jour est pottpeuic) : ce sont malheureusement deux subalternes qui ouvrent la pièce. Corneille, dans son examen, dit qu'on lui reprocba cette faute : il était presque le seul qui eût appris aux Français à ;ager ; avant lui , on n'était pas difficile. 1\ n'y a guère de connaisseurs , quand il n'y a point de modèles.

Ijiea défauts de cette exposition sont, i°. qu'on ne sait point qui pftvle; •<>. qtt'oB-ne s»it point de qui l'on parle; $<*# qu'on ne sait point où l'on parle. Les premiers vers doivent mettre le spectateur au fait y autant qu'il est possible*

Ce grand jour où Thymen, étouffant la vengeance^

Entre le Parthe et nous remet rintelligénce ,

Affranchit sa princesse , et nous fait pour jamais

Du motif de la guerre un lien de la paix;

Ce grand jour est venu, mon frère, où notre reine,

Cessant de plus tenir la couronne incertaine ,

Doit rompre aux yeux de tous son silence obstiné , '

De deux princes jumeaux nous déclarer l'aîné :

Et l'avantage seul d'un moment de naissance ,

Dont elle a jusqu'ici caché la connoissance ,

Mettant au plus heureux le sceptre dans la main.

Va faire l'un sujet, et l'autre souverain.

Mais n'admirez-vous point que cette même reine

Le donne pour époux à l'objet de sa haine , *

Et n'en doit faire un roi qu'afin de couronner

Celle que dans les fers elle aimoit à gêner ? '

* Quelle reine ? elle n'est.pas nommée dans cette scène. * On ne dit point que l'on soit en Syrie , et il faudrait le dire d'abord.

* Sa haine se rapporte à V époux , qui est le substantif le plus voisin ; cependant Fauteur entend la haine de Cléopâtre : ce sont de ces fautes de grammaire dans lesquelles Corneille, qui ne châtiait pas son style , tombe souvent , et dans lesquelles Racine ne tombe jamais depuis jéndromaque.

S Le mot gêner -ne signifie , parmi nous, c\pi embarrasser , inquiéter c ainsi Pyrrhus dit à Andromaque , Jh ! que vous me gênez / Il vient, à la vérité , originairement de géhêne , vitaux mot tiré de la Bible , qui signifie torture , prison ; mais jamais il n'est pris en ce dernier sens.

* Corneille en donne une raison dans Targument qui précède la pièce. Il craignit que Ton ne confondit la Cléopâtre de Syrie avec celle d'Egypte » beaucoup pins célèb):e. Cette excuse- ne couvre pas le défaut ; une exposi* tion plus claire et plus soignée n*eût permis ancniie méprise» P.

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