ACTE I, SCÊN1E I
Rodogune, par elle en esclave traitée.
Par elle se va voir sur le trône montée , * Puis([ue celui des deux qu'elle nommera roi ' Lui doit donner la main et recevoir sa foi.
TIMAoè.NE.
Pour le mieux admirer trouvez bon , je Vous prie , Que j'apprenne de vous les troubles de Syrie. * J'en ai vu les premiers , et me souviens encor Des malheureux succès du grand roi Nicanor, ' Quand des Parthes vaincus pressant l'adroite fuite Il tomba dans leurs fers au bout de sa poursuite. * Je n'ai pas oublié que cet événement Du perfide Tryphon fit le soulèvement. ^ Voyant le roi captif, la reine désolée , Il crut pouvoir saisir la couronne ébranlée; ^
' Cela n'est pas français : une macbine est monlée par quelqu'un ', une reine n'est pas montée au trône par une autre ; et ae va voir montée est ridicule.
A Vour ie, etc. : ce le ne se rapporte à rien; et pour le mieux admirer est un peu du style comique : trouve^ hon^fe voua prie , etc. ; tout cela ressemble trop à une conversation familière dô deux domestiques qui s'entretiennent des aventures ,de leurs maîtres sans aucun ar^
3 Succès veut dire au propre événement heureux ; mais il est permis de dire , malheureux , mauvais , funeste succès*
4 II semble qu'il ait pressé les Parthes de fuir : l'auteur veut dire que Nicanor poursuivait les Parthes fuyant.
^ Le spectateur ne sait pas qiuel est ce Tryphon ; il fallait le dire.
6 Un empire , un trône peut être ébranlé , mais non pas une couronne. JX faut toujours que la métaphore soit juste.
Et le sort^ favorable à san lâche. attentat.
Mit d'abord sous ses lois. la moitié de Tétat. La reine, craignant tout de ces nouveaux orages. En sut mettre à Fabri ses plus précieux gages; * Et^ pour n'exposer pas l'enfance de ses fils. Me les fit chez son frère enlever à Memphis. • Là , nous n'avons rien su que de la renommée. Qui, par un bruit confiis diversement semée, * N'a porté jusqu'à nous ces grands renversements Que, sous l'obscurité de cent déguisements»
LAONICE
Sachez donc que Tryphon, après quatre batailles. Ayant su nous réduire à ces seules murailles, ^
1 En sui meiir€ à l'abri est loucbe et incorrect : le mot de gage^ seul n'a aucun sens , que quand 11 signifie appointemens : il a reçu ■es gages ; mais 11 -faut dire iea gagea de mon hymen pour signifier me» enfana,
^ Me les fil enlever, phrase louche. Elle peut signifier, les fil eit' lever de mea braa , ou m'ordonna de les enlever : en ce dernier sens, elle est mauvaise. Enlever à Memphla est impropre ; elle les porta , les conduisit à Memphis , les cacha dans Mempfais. Enlever à Meniphia , signifie tool le contraire; enlever à signifie ôler à, dérobera; enlever le palladium à, Troie, enlever ffélène à Paria, Élever va. lieu îX enlever , ôterait toute équivoque. Peut-être y a-t-il e« dans la première édition une faute d'impression qui a été répétée dans toutes les autres.
3 n ne faudrait pas imiter cette phrase, quoique l'idée soit intelligible : on ne dit pas semer la renommée , comme on dit, dans le discours familier , semer un bruit, La renommée diversement semée peur un èruie, cela n'esl pas français : k raôsMi en est qu'on bruit ne sème pas, et que toute métaphore doit être d'une extrême justesse.
4 Quelles sont eea imuritUes? ne fallai*-ii pas itahêtà nonmef