‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 158 sur 240 · ACTE I, SCÈNE V. aSr · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V. aSr

Que de sources de haine ! Hélas ! jugez le resie ^ ^ Craignez"^n avec moi révénement fimeste y ^ Ou plutôt avec moi faites un digne effort Pour armer votre cœur contre un si triste «ort* Malgré Téclat du trône et Tamour d'une femme , Faisons si bien régner l'amitié sur notre âme ^ Qu'étou£&nt dans leur perte un regret suborneur ,' « Dans le bonheur d'un frère on trouve son bonheur. Ainsi ce qui jadis perdit Thèbes et Troie Dans nos cœurs mieux unis ne versera que joie : * Ainsi notre amitié j triomphante à son tour^ Vaincra la jalousie en cédant à l'amour;

' 3uge% du reate était Texpression propre , mais elle n'en est pas plus digne de la tragédie : juger quelque chose , c'est porter un arrêt; juger de quelque chose , c'est dire son sentiment.

' Ne versera que joie .|ie .se dirait pas aujourd'hui » et c'étfiit mânè alors une faute ; on ne yetêç poii^t joie. La scène est helle poiv le fonds , et les sentimens l'embellissant encore.

On demande à présent. un style plus châtié, plus élégant, plus soutenu : on ne pardonne plus oe qu'on' pardonnait à un grand homme qui avait ouvert la carrière ; et c'est à présent surtout qu'on peut dire : .

Sans la langue, en un mot, Tantenr le plus divin Est toujours , qnoî qu'il fasse , ni| méchant écrivain.

Quand des pièces romanesques réussissent de nos jours au théâtre par les situations, si elles fourmillent de barbarismes , d'obscurités, de vers durs , elles sont regardée» par les connaisseurs comme d» très mauvais ouvrages. Je crois que ,' malgré tous se^ défants , cette scène doit toujours réussir an théâtre. L'amitié tendre dés deux frérea touche d'abord : on excuse leur dessein de céder le trône , parce qu'ils sont jeunes , et qu'on pardonne tout à la jeunesse passionnée et sans expérience , mais surtout parce que leur droit au trône est incertain. La bonne foi avec laquelle ces princes se paiient doit

i8a RODOG.UNE. '

Et , de notre destin bravant Tordre barbare ,

Trouvera des douceurs aux maux qu'il nous prépare.

ANTIOCHUS

Le pourreo-voust^ mon frère ?

&ELSUCUS.

Ah ! que vous me pressez !

Je le voudrai du moins ^>mon frère, et c'est asses ; Et ma raison sur moi gardera tant d'empire y Que je désavràrai mon cœur, s'il en soupire.

ANTIOCHtJS.

J'embrasse comnie vous ces nobles' sentiments. Mais allons leur donner le secours des serments , Afin qu'étant témoins de l'amitié jurée Les dieux contre im tel coup assurent sa durée.

SÏLÏÎUCtfS.

Allons, allons l'étreindre au pied de leurs autels Par des liens sacrés et des nœuds înïmortels;

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