ACTE I, SCÈNE VI. a
TIMAGÈNS.
Je ne suis point surpris de ce qui vous étonne ; Confident de tous deux^ prévoyant leur douleur, J'ai prévu leur constance, et j'ai plaint leur malheur.. Mais, de grâce, achevez l'histoire commenoée.
Pour la reprendre donc où nous l'avons laÎGsée, *
Les Parthes, au combat par les nôtres forcés.
Tantôt presque vainqueurs , tantôt presque enfaiioés^
Sur l'une et l'autre armée également heureuse
Virent long-temps voler la victoire douteuse :
Mais la fortune enfin se tourna contre nous ,
Si bien qu'Antiochus *, percé de nodlle coups, .
Près de tomber aux mains d'une troupe ennemie^
Lui voulut dérober les restes de sa vie.
Et, préférant aux fers la gloire de périr.
Lui-même par sa main acheva de mourir.
La reine ayant appris cette triste nouvelle ,
En reçut tôt après une autre plus cruelle ;
Que Nicauor vivoit; que, sur un feux rapport, ..: . ,
De ce premier époux elle avoit cru la mort ; •
Que, piqué jusqu'au vif contre son hyménée.
Son âme à l'imiter s'étoit déterminée;
Et que , pour s'affranchir des fers de son vainqueur, '
^ Ces discours de confidens , cette histoire interrompue et recommencée jont condamnés uuiyersellement.
Tons deux , débrouillant mal une pénible intrigue , D*un divertissement me font une fatigue.
* Si bien que, tôt après, piqué Juaqn^iUi vif, expressions tnq> familières qu'il faut éviter.