ACTE Ty,vSCÈNE V. SyS
Ce n'est pas tout d'un coup que tant d'orgueil trébuche : De qui se rend trop tôt on doit craindre une embûche ; Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front, ' Que prendre pour sincère un diangement si'prompt. L'ejflFet te fera 'voir comme je suis changée.
* Trébucher n'a jamais été du style noble. *
* Je crois qu'il eût fallu distinguer , au lieu de démêler; car le cœur et le front ne sont ^bint mêlés ensemble. Je ne vois pas pourquoi elle s'applaudit de tromper toujours sa confidente ;' doit-elle penser à elle dans ce moment d'hprreur ?
* Pourquoi limiter toujours le nombre des mots qui peuvent entrer dans le style noble ? Nous croyons qu'il eu est bien peu qui, habilement employés , ne puissent entrer dans un beau vers. Opposons , une fois pour toutes, aux étemels sprnpnles'de Voltaire une autorité qai doit avoir d'autant plus de poids , que c'es^ un grammairien qui défend les droits de la poésie. L'abbé d'Olivet , en faisant remarquer la construction hardie de ces deux vers à^Esther ,
Quand sera le voile arrac)té , Qui sur tout l'unirers jette une nuit si sombre ,
ne balance pas à condamner la timidité de nos poètes , qui n osent presque plus se permettre ces transpositions. « Pour peu qu'ils continuent, dit-il, « à ne vouloir que des tours prosaQiqujes, nions n'aufions ^lus dé yers»».U fait des vœux pour que des mots qui passent pour vieillis dans la prose ne soient pas abandonnés de nos poètes ; et- Il cite en effet qnelqaes-nns de ces mots qui 80.nt encore , en vers , d'un excellent usage. Enfin il désire , en homme de goût, que notre poésie soit plus attentive à maintenir ses privilèges. P. ^ .