‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 22 sur 240 · CLÉANDRE, MÉLISSE, LYSE · texte numérisé non relu

CLÉANDRE, MÉLISSE, LYSE

CLEANDRE.

Envers ce prisonnier as-tu fait cette feinte. Ma sœur?

MELISSE.

Sans me connoître, il me croit l'âme atteinte , Que je l'ai vu conduire en ce triste séjour) Que ma lettre et l'argent sont des effets d'amour j; Et Lyse , <iui l'a vu , m'en dit tant de merveillçs , Qu'elle £ùt presque entrer l'amour par les oreill^Si^

CLKANDRE.

Ah! si tu savois tout !

Elle ne laisse rien ; Elle en vante l'esprit^ la taille^ le maintien^ Le visage attrayant , et la façon modeste.

CLEANDRE.

Ah y que c est peu de chose au prix de ce qui reste !

MELISSE.

Que reste-t-il à dire ? Un courage invaincu?

CLEANDRE. ^

C'est le plus généreux qui jamais ait vécu j

C'est le cœur le plus noble, et l'âme la plus haute. ...

MELISSE. ^,

Quoi ! vous voulez , mon frère, ajouter à sa faute , Percer avec ces traits un cœur qu'elle a blessé , Et vous-même achever ce qu'elle a commencé ?

CLEANDRE.

Ma sœur, à peine sais^je encor comme il se nomme , Et je sais qu'on n'a vu jamais plus honnête homme , Et que ton frère enfin périroit aujourd'hui.

Si nous avions alOTaire à tout autre qu'à lui.

Quoique notre partie ait été si secrète Que j'en dusse espérer une sûre retraite , Et que Florange et moi, comme je t'ai conté , Afin que ce duel ne pAtétre éventé , * Sans prendre de seconds y l'eussions faite de sorte Que dbacun pour sortir choisit diverse porte , Que nous n'eussions ensemble été vus de huit jours , Que presque tout le monde ignorât nos amours ,

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