‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 222 sur 240 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

CLÉOPATRE

De quel malheur suis-je encore capable ! ' Leur amour m'oflfensoit , leur amitié m'accable ; Et contre mes fureurs je trouve en mes deux fils Deux enfants révoltés, et deux rivaux unis.

Quoi ! sans émotion perdre trône et maîtresse ! Quel est ici ton charme , odieuse princesse.? Et par quel privilège, allumant de tels feux. Peux-tu n'en prendre qu'un, et m'ôter tous les deux? * N'espère pas pourtant triompher de ma haine :

■ On est capable d'une résoflution , d'une acdon ▼eitueuse ou criminelle; on n'est point capable d'un malheur.

• Elle veut dire, en n'en prenant qu'un; car Rodogune ne pouvait pas prendre deux maris. Cette antithèse , en prendre un , el en âter deux , est recherchée. J'ai déjà remarqué que l'antithèse est trop familière à la poésie française : ce pourrait bien être la faute de la langue , qui n'a point le nombre et l'harmonie de la latine et de la grecque J c'est encore plus notre faute : nous ne travaillons pas aasez^ nos vers, noas n'avons pas assez d'attention au chois des paroles, nous ne laitons pas assez contre les difficaltétf.

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