ACTE IV, SCÈNE VIL
Pour régner sur deux cœurs tu n'es pas éncor reine. Je sais bien qu'en l'état où tous deux je les voi Il me les faut percer pour aller jusqu'à toi : Mais n'importe; nae^ mains sur le père enhardies Pour un bras refusé sauront prendre deux vies ; Leurs jours également sont pour moi dangereux : J'ai commencé par lui , j'achèverai par eux, '
Sors de mon cœur, nature; bu fais qu'ils ni'obéissent : Fais-les servir ma haine, ou consens qu'ils périssent. Mais déjà l'un a vu que je les veux punir :
Souvent qui tarde trop $e laisse prévenir* Allons chercher le t^mps d'immoler mes yictimes , £t de me rendre heureuse à force de grands crimes. •
1 Je ne sais si on sera de mon sentiment , mais je ne vois aucune nécessité pressante qui ^Mit»e forcer Cléopâtre à se défaire de ses deux enfkns. Ântioclitts est doax et soumis ; Séleuctts ne Ta point menacée. J'avoue que son atrocité me révolte ; et , quelque méchant que soit le genre humain , je ne crois pas qu'une telle résolution soit dans la nature. Si ces deux enfans avaient Comploté de la faire enfermer, comme ils le devaient^ pent-étre la fureur pouvait rendre Cléopâtre un peu excusable ; mais une femme qui de sang-froid se résout à assassiner un de ses fils et à empoisonner l'autre, n'est poui^ moi qu'un monstre qui me dégoûte : cela est plus atroce que tragique; il faut toujours, à mon avis , qu'an grand crime ait quelque chose d'excusable.
FIN DU QUATRIEME ACTE
38o RODOGUNE.
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