CLÉOPATRE, LAONICE
CLEO PATRE.
Viennent-ils, nos amants?
LAONICE
Ils approclient, madame : * On lit dessus leur front l'allégresse de l'âme ;• L'amour s'y fait paroitre avec la majesté; Et, suivant le vieil ordre en Syrie usité.
D'une grâce en tous deux tout auguste et royale. Ils viennent prendre ici la coupe nuptiale , Pour s'en aller au temple , au sortir du palais , Par les mains du grand-prêtré être unis à jamais : * C'est là (ju'il les attend pour bénir l'alliance.
' Ces avertissemens aa parterre ne sont plus permis; on s'est aperça qu'il y a très peu d'art à dire , je vais agir avec art : on doit assez s'apercevoir que Cléopâtre dissimule > sans qu'elle dise, je vais dissimuler.
a Cette description que fait Laonice , toute simple qu'elle est , me parait un grand coup de l'art ; elle intéresse pour les deux époux ; c'est un beau contraste avec, la rage de Cléopâtre. Ce moment excite la crainte et la pitié ; et voilà la vraie tragédie.
3 On sent assez la dureté de ces sonsi grand^prétre , élre ; il est aisé de f ubstiluer le mot de pontife^
Le peuple tout ravi par ses vœux le devance, '
Et pour eux à grands cris demande aux immortels
Tout ce qu'on leur souhaite au pied de leurs autels,
Impatient pour eux que la cérémonie
Ne commence bientôt , ne soit bientôt finie.
Les Parthes à la foule aux Syriens mêlés, *
Tous nos vieux différends de leur âme exilés,
Font leur suite assez grosse, et d'une voix commune
Bénissent à Fenvi le prince et Rodogune. '
Mais je les vois déjà : madame, c'est à vous
A commencer ici des spectacles si doux.