‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 226 sur 240 · CLÉOPATRE, LAONICE · texte numérisé non relu

CLÉOPATRE, LAONICE

CLEO PATRE.

Viennent-ils, nos amants?

LAONICE

Ils approclient, madame : * On lit dessus leur front l'allégresse de l'âme ;• L'amour s'y fait paroitre avec la majesté; Et, suivant le vieil ordre en Syrie usité.

D'une grâce en tous deux tout auguste et royale. Ils viennent prendre ici la coupe nuptiale , Pour s'en aller au temple , au sortir du palais , Par les mains du grand-prêtré être unis à jamais : * C'est là (ju'il les attend pour bénir l'alliance.

' Ces avertissemens aa parterre ne sont plus permis; on s'est aperça qu'il y a très peu d'art à dire , je vais agir avec art : on doit assez s'apercevoir que Cléopâtre dissimule > sans qu'elle dise, je vais dissimuler.

a Cette description que fait Laonice , toute simple qu'elle est , me parait un grand coup de l'art ; elle intéresse pour les deux époux ; c'est un beau contraste avec, la rage de Cléopâtre. Ce moment excite la crainte et la pitié ; et voilà la vraie tragédie.

3 On sent assez la dureté de ces sonsi grand^prétre , élre ; il est aisé de f ubstiluer le mot de pontife^

Le peuple tout ravi par ses vœux le devance, '

Et pour eux à grands cris demande aux immortels

Tout ce qu'on leur souhaite au pied de leurs autels,

Impatient pour eux que la cérémonie

Ne commence bientôt , ne soit bientôt finie.

Les Parthes à la foule aux Syriens mêlés, *

Tous nos vieux différends de leur âme exilés,

Font leur suite assez grosse, et d'une voix commune

Bénissent à Fenvi le prince et Rodogune. '

Mais je les vois déjà : madame, c'est à vous

A commencer ici des spectacles si doux.

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