‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 37 sur 240 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

Et je ne saurois voir 9ans être un peu jaloux Qu'il m'ôte. les moyens de m'employer. pour vous. Je cède avec regret à cet ami fidèle; S'il a plus de pouvoir, il n'a pas plus de zèle; Et vous m'obligerez , au sortir de prison , De me faire l'honneur de prendre ma maison.

Je n'attends point le temps de votre délivrance, De peur qu'encore un coup Philiste me devance; Comme il m'ôte aujourd'hui l'espoir de vous servir^ Vous loger est un bieii que je lui veux ravir.

DORANTE

c'est un excès d'honneur que vous me voulez rendre, Et je croirois faillir de m'en vouloir défendre.

CL]ÉANDR£.

Je vous en reprîrai quand vous pourrez sortir;

Et lors nous tâcherons à vous bien divertir.

Et vous faire oublier l'ennui que je vous cause.

Âuriez-vous cependant besoin de quelque chose?

Vous êtes voyageur, et pris par des sergents;

Et quoique ces messieurs soient fort honnêtes gens,^ .

Il en est quelques-uns. • . , .

CLITON

Les siens en sont du nombre; Us ont en le prenant pillé jusqu'à son ombre; Et n'étoit que le ciel a su le soulager, .

Vous le verriez encor fort net et fort léger : Mais comme je pleurois ses tristes aventures. Nous avons reçu lettre, argent, et confitures.

CLEANDRE. . ^ .

Et de qui?

DOUANTS.

Pour le dire il Ënidroit deviner.

Jugez ce qu'en ma place en peut s'imaginer.

Une drâie m'écrit, me flatte, me régale.

Me promet une amour qui n'eut jamais d'égale , Me fiiit force présents....

CLEANDRE.

Et VOUS visite?

DORANTE

Non.

CLEANDRE.

Vous savez son logis?

DORANTS.

Non, pas même son nom.

Ne soupçonnez-vous point ce cpie ce pourroit être?

CLBANDRE.

A moins que de la voir je ne la puis connoître.

DORANTE

Pour tm si bon ami je n'ai point de secret.

Voyez, connoissez-vous les traits de ce portrait?

CLÉANDRË.

Elle semble éveillée, et passablement belle; Mais je ne vous en puis dire aucune nouvelle , Et je ne connois rien à ces traits que je voi. Je vais vous préparer une cbambre chez moi.

Adieu. '

1 Cette scène ne dément en rien le mérite des deux premiers actes : n'Mt-ce pas Tinvention da monde la plus heureuse de faire secourir

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