‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 38 sur 240 · SCÈNE IL DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE IL DORANTE, CLITON

DORANTE

Ce bruscpie adieu marque un trouble dan» rame. Sans doute ^ il la connott.

CLITÔN.

C'est peutr^tre sa femme.

DORANTE

Sa femme?

CLITON

Oui, c'est sans doute elle qui vous écrit; Et vous venez de faire un coup de grand esprit. Voilà de vos secrets, et de vos confidences.

DORAN'TC

Nomme*Ies par leur nom , dis de mes imprudences. Mais seroit-ce en effet celle que tu me dis?

CLITON

Envoyez vos portraits à de tels étourdis.

Dorante par son rival PhOiste , et de préparer ainsi le plus grai^d embarras?

récarte > comme je Tai déjà dit , tous les petits défauts de langage > les plaisanteries qui ne sont plus de mode; je ne m'arrête qu'à la marche de la pièce , qui me paraît toujours parfaite ; la manière dont Mélisse enroie à Dorante son portrait , crile dont il le prend ; œ portrait montré à un homme qui parait surpris et fllché de le voir ; encore une fois , y a-*t-il rien de mieux ménagé et de plus agréable dans aucune pièce de théâtre ?

Ils gardent tin secret avec extrême adresse.

C'est sa femme y vous dîs-je ^ ou du moins sa maîtresse.

Ne Favez-vous pas vu tout changé de couleur?

DORANTE

Je l'ai vu, comme atteint d'une vive douleur. Faire de vains efforts pour cacher sa surprise. Son désordre, Cliton, montre ce qu'il déguise. Il a pris un prétexte à sortir promptement , Sans se donner loisir d'un mot de compliment.

* CLITON

Qu'il fera dangereux rencontrer sa colère !

Il va tout renverser si l'on le laisse faire ,

Et je vous tiens pour mort si sa fureur se croît :

Mais surtout ses valets peuvent bien marcher droit;

Malheureux le premier qui fâchera son maître!

Pour autres cent louis je ne voudrois pas l'être.

DORANTE

La chose est sans remède; en soit ce qui pourra :

S'il fait tant le mauvais, peut-être on le verra.

Ce n'est pas cpi'après tout, Cliton, si c'est sa femme,

Je ne sache étouffer cette naissante flamme ;

Ce seroit lui prêter un fort mauvais secours

Que lui ravir l'honneur en conservant ses jours;

D'une belle action j'en ferois une noire.

J'en ai fait mon ami, je prends part à sa gloire;

Et je ne voudrois pas qu'on pût me reprocher

•De servir un brave homme au prix d'un bien si cher.

CLITON

Et s'il est son amant?

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