‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 59 sur 240 · ACTE IV, SCÈNE VI, loj · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI, loj

Qu'aucuns feux à vos feux ne peuvent s'égaler ?

MÉLISSE

J'ai tenu ce discours^ mais j'ai cru vous parler. Wêtes-vous pas Dorante ?

DORANTE

Oui, je le suis, madame.

Le malheureux témoin de votre peu de flamme.., Ce qu'un moment fit naître un autre l'a détruit; Et l'ouvrage d'un jour se perd en une nuit. .

MELISSE.

L'erreur n'est pas un crime ; et votre aimable idée. Régnant sur mon esprit, m'a si bien possédée. Que dans ce cher objet le sien s'est co9fond^> Et lorsqu'il m'a parlé je vous ai répondu ; En sa pl^ce tout autre eût passé pour vQUS-mêniie : . Vous verrez par la suite à quel point je vous aime. . Pardonnez cependant à mes esprits déçus ; Daignez prendre pour vous les vœux qu'il a reçus ; Ou si, manque d'amour , votre soupçon persiste....

DORANTE

N'en parlons plus, de grâce, et parions de Philiste ; Il vous sert, et la nuit me l'a trop découvert.

M£LISSE

Dites qu'il m'importune, et non pas qu'il me sert; N'en craignez rien. Adieu ; j'ai peur qu'il ne revienne.

Où voulez-vous demain que je vous entretienne ? . Je dois être élargi.

MELISSE.

Je vous fêtai savoir

Dès demain chez Cléandre oii vous me pourrez voir.

DORANTE

Et qui vous peut sitôt apprendre ces nouvelles?

MELISSE.

Et ne savez-vous pas que l'amour a des ailes?

DORANTE

Vous avez habitude avec ce cavalier?

MELISSE.

Non , je sais tout cela d'un esprit familier. Soyez moins curieux , plus secret, plus modeste , Sans ombrage , et demain nous parlerons du reste.

DORANTE, seul.

Comme elle est ma maîtresse , elle m'a fait leçoû , Et d'un soupçon je tombe en un autre soupçon. Lorsque je crains Cléandre, un ami me traVtet*se : Mais nous avons bien fait de rompre le commerce, le crois l'entendre.

SCÈÏf E VIL

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