LYSE, CLITON
CLITON
iNous yoici bien loges ^ Lyse, et sans raiHerle, Je ne souhaitois pas meilleure hôtellerie.
Enfin nous voyons clair à te que nous faisons , Et je puis à loisir te compter mes raisons.
LYSE
Tes raisons? cW-à-dire, autant d'extravagances.
Tu me çonnois déjà î
LYSE
. Èien mieux <jue tu ne penses.
CLITON
J'en débite beaucoup*
Tu sais lès prodiguei'.
CLITON
Mais sai&-tu que Tamour me fait extravaguer ?
.io8 LA SUITE DU MENTEUR.
LYSE
En tien»-tu donc pour moi?
CLITON
J'en tiens^ je le confesse.
LYSE
• Autant comme ton maître en tient pour ma maîtresse?
CLITON
Non pas encor si fort^ mais dès ee même instant Il ne tiendra qu'à toi que je n'en tienne autant; Tu n'as qu'à l'imiter pour être autant aimée.
Si son âme est en feu, la mienne est enflammée; Et je crois jusqu'ici ne l'imiter pas mal.
CLITON
Tu manques, à vrai dire, encore au principal.
Ton secret est obscur.
CLITON
Tu ne veux pas l'entendre; Vois quelle est sa méthode, et tache de la prendre. Ses attraits tout-puissants ont des avant-coureur$ Encor plus souverains à lui gagner les coeurs. Mon maître se rendit à ton premier message :
Ce n'est pas qu'en effet je n'aime ton visage ; Mais l'amour aujourd'hui dans lés cœurs lés plus vains Entre moins par les yeux qu'il ne fait par les mains, Et quand l'objet aimé voit les siennes garnies. Il voit en l'autre objet dés grâces infinies : Pourrois-tu te. résoudre à m'attaquer ainsi? .