ACTE I, SCÈNE III. i
Ma colère en devient et plus juste et plus forte; Et Taveugle fureur dont ses discours sont pleins Ne m'arrachera pas nxa vengeance des mains.
STEPHANIE.
Après votre vengeance appréhendes la sienne.
MARGELLE
Qu'une indigne épouvante à présent me retienne !
De ce feu turbulent l'éclat impétueux
N'est qu'un foible avorton d'un cœur présomptueux. *
La menace à grand bruit ne porte aucune atteinte.
Elle n'est qu'un eflFet d'impuissance et de crainte;
Et qui si près du mal s'amuse à menacer
Veut amoUir le coup qu'il ne peut repousser.
STÉPHANIE
Théodore vivante , il craint votre colère ; Mais voyez qu'il ne craint que parce qu'il espère ; Et c'est à vous^ madame^ à bien considérer Qu'il cessera de craindre en cessant d'espérer.
MARCELLE
Si l'espoir fait sa peur, nous n'avons qu'à l'éteindre : Il cessera d'aimer aussi-bien que de craindre. L'amour va rarement jusque dans un tombeau S'unir au reste affreux de l'objet le plus beau. Hasardons; je ne vois que ce conseil à prendre. Théodore vivante, il n'en faut rien prétendre; Et Théodore morte, on peut encôr douter
> Si on assemblait des mots au hasard , il est à présumer qu'ils nt s'arrangeraient pas plus mal.
t56 THÉODORE.
Quel sera le succès que tu veux, redouter.
Quoi qu'il arrive enfin, de la sorte outragée f C'est un plaisir bien doux que de se voir vengée. Mais dis-moi, ton indice est-il bien assuré?
STÉPHANIE
J'en réponds sur ma tête , et l'ai trop avéré.
HARCELLE
Ne t'oppose donc plus à ce moment de joie Qu'aujourd'hui par ta main le juste ciel m'envoie. Yalens vient à propos, et sur tes bons avis Je vais forcer lé père à me venger du fils.