‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 90 sur 240 · SCENE IL' CLÉOBULE, THÉODORE · texte numérisé non relu

SCENE IL' CLÉOBULE, THÉODORE

, CLEOBVLE.

Tandis permettez^moi de vous entretenir.

Et de blâmer un peu cette vertu farouche ,

Cette insensible humeur qu'aucun objet ne touche ,

D'où naissent tant de feux sans pouvoir l'enflammer.

Et qui semble haïr quiconque l'ose aimer.

Je veux bien avec vous que dessous votre empire Toute notre jeunesse en vain brûle et soupire ; J'approuve les mépris que vous rendez à tous; Le ciel n'en a point fait qui soient dignes de vous : Mais je ne puis souffrir que la grandeur romaine S'abaissant à vos pieds ait part à cette haine , Et que vous égaliez par vos durs traitements Ces maîtres de la terre aux vulgaires amants. Quoiqu'une âpre vertu du nom d'amour s'ii*rite , Elle trouve sa gloire à céder au mérite ; Et sa sévérité ne lui fait point de lois Qu'elle, n'aime à briser pour un illustre choix. Voyez ce qu'est Valens , voyez ce qu'est Placide , Voyez sur quels états l'un et l'autre préside , Où le gère et le fils peuvent un jour régner ; Et cessez d'être aveugle , et de le dédaigner.

^ Cette scène , aux vices de la diclion près , n'est pas répréhensible ; les sentlmens et le caractère de Théodore s'jr développent.

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