‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 15 sur 123 · EPIGRAMME · texte numérisé non relu

EPIGRAMME

l^u'oN te flatte, qu'on te baise, Tu ne t'effarouches point , Phyllis , et le dernier point Est le seul qui te déplaise.

Cette amitié de milieu Te semble être selon Dieu , Et du ciel t'ouvrir la porte :

Mais détrompe-toi l'esprit , Quiconque aime de la sorte , Se donne au diable à crédit.

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SONNET

Après l'œil de Melite * il n'est rien d'admirable; Il n'est rien de solide après ma loyauté :

Mon feu, comme son teint, se rend incomparable , Et je suis en amour ce qu'elle est en beauté.

* Ce sonnet ëtait adresse à cette femme charmante , que Corneille , dans sa première jeunesse , avait aimëe avec passion , et chez laquelle il lui arriva Paventure qui donna lieu à sa comédie de Mélite, C« sout les seuls vers qui soient restes de tous ceux qu'il avait composes pour elle : il ne voulut jamais qu^U» devinssent publics ,et les brCQa tous deux ans avant sa mort P.

i42 POÉSIES DIVERSES

Quoi que puisse à mes sens offirir la nouveauté, Mon cœur à tous ses traits demeure invulnérable; Et quoiqu'elle ait au sien la même cruauté, Ma foi pour ses rigueurs n'en est pas moins durable.

C'est donc avec raison que mon extrême ardeur Trouve chez cette belle une extrême froideur, Et que, sans être aimé , je brûle pour Mélite.

Car de ce que les dieux, nous aivoyant au jour. Donnèrent pour nous deux d'amour et de mérite, Elle a tout le mérite, et moi j'ai tout l'amour.

SONNET

TOUS aimez que je me range Auprès de vous chaque jour, Et m'ordonnez que je change En amitié mon amour.

Cette méchante bricolle Vous fait beaucoup hasarder.

Et je vous trouve bien folle Si vous me pensez garder.

Une passion si belle N'est pas une bagatelle Dont on se joue à son gré.

Et l'amour qui vous rebute Ne sauroit choir d'un degré Qu'il ne meure de sa chute.

DE P. CORNEILLE. i43

STANCES

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