PSAUME XXXI
Beati quorum remissœ sunt iniquitdtes,
JtlEtjaEux sont les mortels dont les saints artifices Ont lavé les péchés par des pleurs assidus , Et par le rude choix dé leurs justes supplices Les ont si bien couverts , que ï)ieu ne les voit plus !
Plus heureux l'homme encor dont l'innocente vie N'a rien que Dieu lui veuille imputer à forfait, L'homme en qui jamais fourbe et jamais calomnie N'infecte ce qu'il dit , n'empeste ce qu'il fait!
Mon crime s'est long-teihps caché sous le silence ; Mes maux en sont accrus , mon visage envieilli; Et les cris que m'arrache enfin leur violence Sont le fruit douloureux que j'en ai recueilli.
3i6 POÉSIES DIVERSES
Mon âme en a senti ta main appesantie, Dont le fardeau secret m'accable nuit et jour; Mon corps en a senti sa vigueur amortie , Et l'angoisse a plus fait sur moi que ton amour.
C'est elle qui me force à ne te plutf rien taire : Je yeux t'ayouer tout, Seigneur, et hautement Me dire un assassin , un traître , un adultère ; En accepter la honte, aimer le châtiment.
En yain, mon âme, en yain cet ayeu t*efifarouche, Il faut servir à Dieu de témoin contre nous ; Vois que ces mots à peine ont sorti de ma bouche, Qu'ils m'ont rendu sa grâce, et fléchi son courroux.
C'est comme en doit user une âme qui n'aspire Qu a rentrer au vrai calme où met la sainteté ; Il faut qu'elle s'accuse , il faut qu elle soupire Tandis qu'elle, a le temps d'implorer sa bonté.
Que la fureur des eaux par un nouveau déluge Sur les plus hauts rochers ose encor s'élever; Quand l'homme t'a choisi, Seigneur, pour son reiiige, Ces eaux jusques à lui ne sauroient arriver.
J'ai mis en toi le mien contre l'affreux ravage Des tribulations où tu m'as vu plongé; J'ai mis en toi ma joie : achève et me dégage De toutes les fureurs dont je suis assiégé.
Oui, je te donnerai, me dis-tu, la prudence , Pour servir à tes pas de règle et de flambeau. Je t'instruirai moi-même en ma haute science, Et j'aurai l'œil sur toi jusque dans le tombeau.
DE P. CORNEILLE. Siy
Vous donc , si vous voulez éviter les tempêtes Que son juste courroux roule à chaque moment, Mortels 9 ne soyez pas semblables à des bêtes Qui manquent de raison et de discernement.
Domtez avec les mors, domtez avec la bride,
Ces esprits durs et fiers, ces naturels brutaux
Qui refusent. Seigneur, de vous prendre pour guide;
Hommes , mais après tout moins hommes que chevaux.
Il est mille fléaux pour le pécheur rebelle Qui ne veut suivre ici que son propre vouloir; Mais la miséricorde est un rempart fidèle Pour quiconque à vous seul attache son espoir.
Faites-en éclater une pleine allégresse.
Justes, sans crainte aucune ou de trouble ou d-enqui; Et vous, cœurs purs et droits, glorifiez sans cesse L'auteur de votre joie , et vous-mêmes en lui-