SUR UN PROMPT AMOUR
O dieux! qu'elle sait bien surprendre!
Mon cœur, adore ta prison, Et n'écoute plus la raison Qui fait mine de te défendre ;
^ Orra , au Terbe ouïr, pour entendra ; il n^est plus d^usage. G)meille Ta employë une seconde fois dans ie Od, acte III , scène III, page 4^0 du tome H.
Son sang crtra yengeance , et je ne Verrai pas I P.
'''* Corneille , quoique très jeune lorsqu'il fit cette pièce , derait connattre assez les odes de Malherbe pour sentir combien elle méritait peu le titre dWe qu'il se permettait d« lui donner. P.
DE P. CORNEILLE. lag
Accepte une si douce loi !
Voir Aminte et rester à soi Sont deux choses incompatibles^ Devant une telle beauté C'est à faire à des insensibles De conserver leur liberté.
Ses yeux d'un pouvoir plus suprême
Que n'est l'autorité des rois.
Interdisent à notre choix
De disposer plus de nous-même :
Ravi que j'en fus à l'abord,
Je ne peux faire aucun effort
A me retenir en balance ;
Et je sentis un changement
Par une douce violence ,
Que j'eusse fait par jugement.
Regards brillants, clartés divines.
Qui m'avez tellement surpris; Œillades qui sur les esprits * Exercez si bien vos rapines; Tyrans secrets , auteurs puissants D'un esclavage où je consens; Chers ennemis de ma franchise, Beaux yeux , mes aimables vainqueurs , Dites-moi qui vous autorise A dérober ainsi les cœurs !
Que ce larcin m'est favorable !
Que j'ai sujet d'appréhender , La conjurant de le garder , Qu'elle me soit inexorable !
i3o POÉSIES DIVERSES
Amour y si jamais ses dédains La portent à ce que je crains , Fais quelle se puisse méprendre; Et qu'aveuglée , au lieu du mien Quelle aura dessein de me rendre, Âminte me donne le sien !
SONNET