‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 104 sur 788 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

S,CÈNE l' Il EMIGRE

.SARIISE.

Prenons ])arti, mon âme, en de telles disgrâces; Soyons femme d'Horace, ou sœur des (Àiriaces; Cessons do partager nos inutiles soins; Souhailonsquelque chose, etcraignoiisun peu moins. Mais, las! quel parti prendre en un sort si contraire? Quel ennemi choisir, d'un époux ou d'un frère? La nature ou l'amour parle pour chacun d'eux. Et la loi du devoir m'attache à tous les deux. Sur leurs hauts sentiments réglons plutôt les nôtres; Soyons femme de l'un ensemble et sœur des autres; liegardons leur honneur comme un souverain bien ; Imitons lour constance, et ne craigmuis plus rien. La mort qui les menace est une mort si belle, (Ju'il en faut sans frayeur attendre la nouvelle. N'appelons point alors les destins inhumains; Songeons pourquelle cause. et non parqnelles mains; Itevoyons les vainqueurs sans penser qu'à la gloire Que toute leur maison reçoit de leur victoire: Et, sans considérer aux dépens de c|uel sang Leur vertu les élève en cet illustre rang. Faisons nos intérêts de ceux de leur famille : En l'une je suis femme, en l'autre je suis fille. Et tiens à toutes deux par de si forts liens. Qu'on ne peut triompher que par les bras des miens. Fortune, quelques maux que ta rigueur m'envoie, J'ai trouvé les moyens d'en tirer de la joie. Et puis \oir aujourd'hui le combat sans terreur. Les morts sansdésespoir, les vainqueurs .^ans horreur.

Flatteuse illusion, erreur douce et grossièi'e, Vain eri'iirt de mon âme. impuissante lumière, De qui le faux brillant juend droit de m'éblouir, Que tu sais peu durer, et tôt t'évanouir! Pareille à ces éclairs qui, dans le fort des ombres. Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus soni- Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté |bi'es, Que pour les abîmer dans plus d'obscurité.

* .t'ai clierctié dans tous les anciens et dans tous les tliéâlies étraiiger.s une siuialion pareille, un pareil mélan;;e île grandeur il'àine. de douleur, de liienséann'. fl je ue l'ai point trouvé.

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