‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 113 sur 788 · CAMU.LE · texte numérisé non relu

CAMU.LE

Hélas!

VALÈRE

Tout hors d'haleine il prend pourtant sa place. Et redouble bientôt la victoire d'Horace- : Son courage sans force est un débile appui; Voulant venger son frère, il tombe auprès de lui. L'air résonne des cris qu'au ciel chacun envoie; Albe en jette d'angoisse, et les Romains de joie '•. Comme notre héros se voit prés (^'achever, C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver '• : (I J'en viens d'immoler deux aux mânes de mes frères. « Home aura le dernier de mes trois adversaires, u C'est à ses intérêts que je vais l'immoler, » nil-il; et tout d'un lemjjs on le voit y voler. La victoire entre eux deux n'était pas incertaine : L'AIbain, percé de coups, ne se traînait qu'à peine. Et, comme une victime aux marches de l'autel, Il semblait présenter sa gorge au coup mortel ; Aussi le reçoit-il, peu s'en faut, sans défense, Et son trépas de Rome établit la puissance.

LE VIEIL H0R.4CE

0 mou lils! o ma joie! ù Ibonneur de nos jours! 0 d'un État penchant l'inespéré secours!

' Que ce mot est pathétique! comme il sort des eulraiUes ti'nn vieux Roin.'iin!

- licdottble la victoire, ifeminala l'ît'/or/rt, e\piessiou plus lalino qiif fiançiiise. iLa H.)

^ On ne (lit plus guère fitigoisse^ elpounpioi? nucl mol lui a-t-on siil)slilué.' DinUeiir,horreHi, peint-, tif/ltelion. ne sont pas «les équivalcnls; angoisse exprime lu douleur press.nnte et la crainte ii la fois.

* iiraier est un verbe actif qui dem:intle toujours un régime; de plus, ce n'esi pus ici une liravade. c'e^t un sentiment j:énéreux d'un ciioven qui veiij;c ses frères et sa patrie.

Vertu (ligne de Rome, et sang digne d'Iloracel Apimi de ton pays, et gloire ne ta race.' Qu;ind pourrai-je étouffer dans tes embrassements L'erreur dont j'ai formé de si faux sentiments! yuand pourra mon amour baigner avec tendrexsi- Ton front victorieux de larmes d'allégresse!

VALKIii:.

Vos caresses bientôt pourront se déployer;

Le roi dans un moment vous le va renvo\er.

Et remet à demain la pompe qu'il prépaii'

D'un sacrifice aux dieux pour un bonheur si rare;

.Aujourd'hui seulement on s'acquitte vers eux

Par des rhanls de victoire et par de simples mj'ux.

C'est où le roi le mène', et tandis il m'eiivoir

Faire office vers vous de doub'nr et de joie -:

.Mais cet office encor n est pas assez pour lui:

Il y viendra lui-même, et peut-être aujourd'hui :

11 croit mal reconnaître une vertu si pure.

Si de sa propre bouche il ne vous en assure,

S'il ne vous dit chez vous combien vous doit l'Etat.

LE VIEIL HORACE

De tels reinercîments ont pour moi trop d'éclat, Et je me tiens déjà trop payé par les vôtres Du service d'un fils et du sang des deux autres.

VALÈRE

11 ne sait ce que c'est d honorer à demi.

Et son sceptre arraché des mains île l'ennemi

Faitqu'il tient cet honneur qu'il lui plaît de vous faire

Au-dessous du mérite et du fils et du père.

Je vais lui témoigner quels nobles sentiments

La vertu vous inspire en tous vos mouvements.

Et combien vous montrez d'ardeurpour son service.

lE VIEIL iiorvAci:.

Je vous devrai beaucoup pour un si bon office.

Page 1