‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 114 sur 788 · I.E VIEIL HORACE · texte numérisé non relu

I.E VIEIL HORACE

Ma fille, il n'est plus temps de répandre des pleurs. 11 sied mal d'en verser où l'on voit tant d'honneurs : On pleure injustement des pertes domestiques. Quand on eu voit sortir des victoires publiques. Rome triomphe d'Albe, et c'est as.sez pour nous; Tous nos maux à ce prix doivent nous être doux. En la mort d'un amant vous ne perdez qu'un luuiime Dont la perte est aisée à réparer dans Rome : Après celte victoire, il n'est point de Romain Oui ne soit glorieux de vous donner la main.

' Mener a îles ihmis el à îles rxiix, n'est ni noble, ni juste: mais le récit de Valèrc a été si beau, qu'on pardonne aisément ces petites fautes.

' Faniïis, sans un que, est absolument prosciil. et n'est plus permis que dans une espèce de slyle burlesque el naïf, qu'on nomme muroliqne: Tandis la perdrix vire.

Faire office île ilonleur n'est plus fiançais, et je ne sais s'il l'a jamais élé : on dit familièrement, faire office it'iimi. office de serviteur, office il'komme inléres.'.c; mais non office de douleur el de J..:e.

UORACE.

Il me faut à Sabine en porter la nouvelle;

Ce coup sera sans doute assez rude pour elle.

Et ses trois ùvres morts par la main d'un époux

Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'à vous;

Mais j'espère aisément en dissiper l'orage,

Et qu'un |)eu de prudence aidant son grand courage

Fera bientôt régner sur un si noble ca;ur

I,e généreux amour qu'elle doit au vainqueur.

Cependant étouffez cette lâche tristesse ;

llecevez-le, s'il vient, avec moins de faiblesse;

Faites-vous voir sa sueur, et qu'en un même flanc

Le ciel vous a tous deux formés d'un même sang.

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