JA.SO.X
Écoutez, et vous saurez comment Son trépas seul m'oblige à cet éloignement.
MK
Après six ans passés, dppiiis notre voyage, [riago, Dans les plus grands plaisirs qu'on gnfili' au ina- Mon père, tout caduc, énjouvant ma pilii'. Je Cl inj lirai Alcdcc, au nom dn l'aniitii'...
l'OLLlX.
J'ai su coninie sou art, forçant les destinées, Lui rendit la vigueur de ses jeunes années : Ce fut, s'il m'en souvient, ici que je l'appris ; ' D'où soudain un voyage en Asie entrepris Fait que, nos deu\ séjours divisés par .Neptune, Je n'ai point su depuis quelle est \otre fortune ; Je n'en fais ([u'arriver.
JASON
Apprenez doiK' de moi Le sujet qui m'oblige à lui manquer de foi.
Malgré l'aversion d'entre nos deux familles. De mon tyran Pélie elle gagne les filles. Et leur feint de ma part tant d'outrages reçus. Que ces faibles esprits sont aisément déçus. Elle fait amitié, leur promet des merveilles, Du pouvoir de son art leur remplit les oreilles; Et, ])our mieux leur montrer comme il est intiiii, Leur étale surlout mon père rajeuni.
Pour épreuve elle égorge un lielierà leurs vues, Le plonge en un bain d'eaux et herbes inconnues, Lui forme un nouveau sang avec cette liqueur Et lui rend d'un agneau la taille et la vigueur.
/•s sœurs crient miracle, et chacune ravie conçoit pour son vieux père une pareille envie, ('eut un efiet pareil, le demande, et l'obliiMit; Mais chacun a son but. Cependant la nuit \ ient : Médée, après le coup d'une si belle amorce. Prépare de l'eau pure et des herbes sans force, Redouble le sommeil des gardes et du roi; La suite, au seul récit, me fait trembler d'effroi. A force de pitié, ces iilles inhumaines De leur père endormi vont épuiser les veines; Leurtendresse crédule, à grands coups de couteau. Prodigue ce vieux sang et l'ait place au nouveau; Le coup le plus mortel s'impute à grand service; On nomme piété ce cruel sai-rillce ; Et l'amour paternel qui fait agir leurs bras Croirait commettre un crime à n'en commettre pas. Médée est éloquente à leur donner courage : Chacune toutefois tourne ailleurs son visage; Une secrète horreur condamne leur dessein, Et refuse leurs yeux à conduire leur main.
rOLLUX.
A me représenter ce tragique spectacle Qui fait un parricide et promet un miracle, J'ai lie l'horreur moi-même et ne puis concevoir Qu'un esprit jusque-ld se laisse décevoir.
JASON
Ainsi mon père ^Eson recouvra sa jeunesse. .Alais oyez le surplus. Ce grand courage cesse ; L'épouvante les prend ; .Médée en raille et fuit Le jour découvre à tous les crimes de la nuit ; Et, pour vous épargner un discours inutile. Aeasle, nouveau roi, fait niutiuer la ville,