‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 133 sur 788 · CIS · texte numérisé non relu

CIS

S'il est pour me trahir des esprits assez bas, Ma vertu pour le moins ne me trahira pas; Vous la verrez, brillante au bord des précipices. Se couronner de gloire en bravant les supplices. Rendre Auguste jaloux du sang qu'il répandra, El le faire lr(>mblcr alors qu'il me perdra.

.le deviendrais suspect à tarder davantage. .\dieu. Ilal'feriiiissez ce généreux courage. S'il faut subir le coup d'un destin rigoureux, Je mourrai tout ensf>mble heureux et malheureux : Ueureux pour vous servir de perdre ainsi la vie; Malheureux de mourir sans vous avoir ser\ ie.

.r.MiiiE.

Oui, va, n'écoute plus ma voix qui te relient; .Mon trouble se dissijie, el ma raison revient. Pardonne à mou amour cette indigne faiblesse. Tu voudrais fuir en \ain. Cinna, je le confesse; Si tout est décou\erl, Auguste a su prévoir A ne le laisser pas la fnile en ton pouvoir. Porte, porte chez lui cette mâle assurance, Digne de notre amour, digne de ta naissance; Meurs, s'il y faut mourir, en citoyen romain. Et par un beau trépas couronne un beau dessein. Ne crains pas qu'apiès toi rien ici me retii'une; Ta mort l'mportera Uion âme vers la tienne; Et mon conir, aussitôt percé des mêmes coups...

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