‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 140 sur 788 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CINNA, MAXIM li.

MAXIME

Vous me sejiiblez pensif.

crsNA.

Ce u'est pas sans sujet.

lUAXlSE.

l'uis-je d'un tel cbagrin savoir quel est l'objet?

CINNA

jUniilie et César, l'un el l'autre me gène;

l/un me semble trop bon, l'autre trop inbnniaiue.

Plût aux dieux que César employât mieux ses soins.

Et s'en fit plus aimer, ou m'aimât un peu moins;

Que sa bonté loucbàt la beauté qui me cliarme.

Et la pût adoucir comme elle me désarme !

Je sens au fond du cœur mille remords cuisants

Oui rendent à mes yeux tous ses bienfaits présents;

Cette faveur si pleine, et si mal reconnue,

Par un mortel reproche à tous moments me tue.

11 me semble surtout incessamment le voir

Déposer en nos mains son absolu pouvoir.

Ecouter nos avis, m'applaudir, et nie dire :

« Cinna, par vos conseils je retiendrai l'empiie,

« Mais je le retiendrai pour vous en faire part. »

Et je puis dans son sein enfoncer un poignard I

Mil plutôt... .^lais, liélasi j'idolâtre -ïmilie;

Un serinent exécrable à sa baine me lie;

L'horreur qu'elle a de lui ine le rend odieux :

Des deux cùtés j'offense et ma gloire et les dieux;

Je deviens sacrilège, ou je suis parricide,

Et vers l'un ou vers l'autre il faut être perlide.

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