‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 159 sur 788 · EM1L1E · texte numérisé non relu

EM1L1E

Cinua, qu'oses-tu dire'.' est-ce là me chérir

Que de ni'ôter l'honneur quand il me faut mourir?

ClNNA.

Mourez, mais en mourant ne souillez point ma gloire.

jE JULIE.

La mienne se flétrit si César te veut croire.

ClNN.l. ,

Et la mienne se perd si vous tirez à vous Toute celle qui suit de si généreux coups.

.OILUi.

Eh bien, preuds-en ta part et me laisse la mienne : Ce serait l'affaiblir que d'affaiblir la tienne : La gloire et le plaisir, la honte et les tourments, Tout doit être commun entre de vrais amants.

iVos deux âmes, seigneur, sont deux âmes romai- Uiiissant nos désirs, nous uuimes nos haines; [nés; Ile nos parents perdus le vif ressentiment .Nous apprit nos devoirs en un même moment; En ce noble dessein nos cœurs se rencontrèrent: Nos esprits généreux ensemble le formèrent; Ensemble nous cherchons l'honneur d'un beau tré- Vous vouliez nous unir, ne nous séparez pas. [pas :

AUGUSTE

Oui. je vous unir.ii. couple ingrat et perfide, Et plus mon ennemi qu'Antoine ni Lépide; Oui. je vous unirai, puisque vous le voulez : ' Il faut bien satisfaire aux feux dont vous brûlez: Et que tout l'univers, sachant ce qui m'anime, S'étonne du supplice aussi bien que du crime.

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