ACTI'. IV, SCÈNE II
Si j'avais diffi''n' ilo punir un 1c! crime. (Juoi{iu'ii soit gc'in'rpux, quoiqu'il soil iiK.gnaninie, Il est lioinnie, et sensible, et je lai d.'daigné; Et de tant de mépris son esprit indigné, Que met au désespoir cet hy-ncn de Pauline, Du courroux de Décie obtiendrait ma niine. Pour venger un afl'roiU tout semble être permis, Et les occasions lentent les plus remis. Peut-être (et ce souiiçon n'est pas sans apparence! Il rallume en son cœur déjà quelciue espérance; Et, croyant bienlùt voir Polyeucte puni, 11 rappelle un amour à grand' peine banni ; Juge si sa colère, en ce cas implacable. Me ferait innocent de sauver un coupable, Et s'il m'épargnerait, voyant par mes bontés Une seconde fois ses desseins avortés.
Te dirai-je un penser indigne, bas et làclie? Je l'étouffé, il renaît; il mo flatte, et me fâche: L'ambition toujours me le \ient présenter. Et tout ce que je puis, c'est de le détester. Polyeucte est ici l'appui de ma famille: Mais, si, par son trépas, l'autre épousait ma fille, J'acquerrais bien par là de plus puissants appuis Qui me mettraient plusbaut cent foisqueje ne suis Mon cœur eu preuil par force une maligne joie: Mais que plulùt le ciel à tes yeux me foudroie, Qu'à des pensers si bas je puisse consentir, Que jusque-là ma gloire ose se démentir!
ALDIN.
Votre cœur est trop bon, et votre âme trop haute. Mais vous résolvez-vous à punir cette faute?
FÉLIX
Je vais dans la prison faire. tout mon effort A vaincre cet esprit par l'effroi de la mort; Et nous verrons après ce que pourra Pauline.
ALCIN.
Que ferez-vous enfin si toujours il s'obstine?
FEUX
Ne me presse point tant; dans un tel déplaisir, Je ne puis que résoudre et ne sais que choisir.
ALBIN
Je dois vous avertir, en serviteur fidèle. Qu'en sa faveur déjà la ville se rebelle. Et ne peut voir passer par la rigueur des lois Sa dernière espérance et le sang de ses rois. Je tiens sa prison même assez mal assurée; J'ai laissé tout autour une troupe éplorée; Je crains qu'on ne la force.