‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 210 sur 788 · ACTE Ml, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE Ml, SCÈNE I

Par Juba, Scipion et les jeunes l'onipées;

Et le monde â ses lois n'est point assujetti,

Tant qu'il verra durer ces restes du parti.

Au sortir do Pharsale, un si grand capitaine

Saurait mal son métier s'il laissait prendre haleine

Et s'il donnait loisir à des cœurs si hardis

De relever du coup dont ils sont étourdis :

S'il les vainc, s'il parvient où son désir aspire.

Il faut qu'il aille à Rome établir son empire,

Jouir de sa fortune et de son attentat,

Et changer à son gré la forme de l'Élat.

Jugez durant ce temps ce que vous pourrez faire.

Seigneur, voyez César, forcez-vous à lui plaire:

Et, lui déférant tout, veuillez vous souvenir

IJue les événements régleront l'avenir.

liemettez en ses mains trône, sceptre, couronne,

Et, sans en murmurer, souffrez qu'il en ordonne :

Il eu croira sans doute ordonner justement

En suivant du feu roi l'ordre et le testament;

L'importance d'ailleurs de ce dernier service

Ne permet pas d'en craindre une entière injustice.

Quoi qu'il en fasse enfin, feignez d'y consentir.

Louez son jugement et laissez-lo partir.

Après, quand nous verrons le tenjps propre aux ven-

Nous aurons et la force et les intelligences, [geances,

Jusque-là réprimez ces transports violents

IJu'excitent d'une sœur les mépris insolents :

Les bravades enfin sont des discours frivoles.

Et qui songe aux effets néglige les paroles.

MULOMÉE.

Ah I lu me rends la vie et le sceptre à la fois :

Un sage conseiller est le bonheur des rois.

Cher appui de mon trône, allons, sans plus attendre,

Offrir tout à César afin de tout reprendre;

.\vec toute ma flotte allons le recevoir

Et par ces vains honneurs séduire son puiivoir.

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