SCÈNE V
CÉS.\R, CLÉOIWTRE, .ANTOINE, LÉPIDE, ACHORÉE, CHARJIION.
CÉSAR
Son courage nTétonne autant que leur audace. Reine, voyez pour i(ui vous me demandiez grâce!
CLÉOPATr.E.
Je n'ai rien à vous dire : allez, .seigneur, allez Venger sur ces méchants tant de droits violi's. On m'en veut plus qu'à vous : c'est ma mort qu'ils res-
[pirent.
C'est contre mon pouvoir (|ue les traîtres conspirent; Leur rage, pour l'abattre, attaque mon soutien Et par votre trépas cherche un passage au mien. Mais, parmi ces transports d'une juste colère, Je ne puis oublier que leur chef est mon frère. Le saurez-vous, seigneur'? et pourrai-je obtenir Hue ce cœur irrité daigne s'en souvenir?
CÉSAI! .
Oui, je me souviendrai que ce cœur magnanime * Au bonheur de son sang veut pardonner son crime. Adieu, ne craignez rien : Achillas et l'hotin ÎVe sont pas gens à vaincre un si puissant destin ; Pour les mettre en déroute, eux, et tous leurs compli- Je n'ai qu'à déployer l'appareil des supplices, [ces,
Kt, pour soldats choisis, envoyer des bourreaux Oui piirlent hautenjent mes haches pour drape:iu\,
^Cê^a^ rentre avec Il-s Itoniai:!?.. '
CLÉOPATIIE.
Ne quittez pas César; allez, cher Achorée, Repousser avec lui ma mort qu'on a jurée; Et, quand il punira nos lâches ennemis, Kaile.s-le souvenir de ce qu'il m'a promis. Ayez l'oi'il sur le roi dans la chaleur dos armes Et conservez .son sang pour épargner mes hirmes.
ACIIORÉE.
Madame, assurez-vous qu'il ne peut y péril Si mon zèle et mes soins peuvent le secourir.