‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 225 sur 788 · IR · texte numérisé non relu

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Al LECTELU

Bien que cette comi^die et oollo qui la suit soient toutes deux île rinvenlion de Lupe de Vega, je ne vous les donne point dans le même ordre que je vous ai donné le Cid et Poinpe'i', dont en l'un vous avez vu les vere espafinols, et en l'autre les latins, que j'ai traduits ou imités de (îu'.llem de Castro et de l.Hcain. O n'est [^^as que je n'aie ici emprunté lieaucoup de choses de cet admirable original: mais, comme j'ai entièrement dépassé les sujets pour les habiller à la française, vous trouveriez si peu de rapport entre rEspacjnol et le Français, qu'au lieu de satisfaction vous n'en recevriez que de l'importunité.

l'ar exemple, tout ce que je fais conter à notre Menteur des guerres d'.\lleniat,'ne. où il se vante d'avoir été, l'Espagnol le lui fait diie du P.'rou et des Indes, dont il fait le nouveau re\enu; e! ainsi de la plupart des autres incidents, qui. bien qu'ils soient imités de l'original, n'ont presque point de ressemblance avec lui pour les pensées ni pour les termes qui les expriment. Je me contenterai donc de vous avouer que les sujets sont entièrement de lui, comme vous les trouverez dans la vingt et deuxième partie de ses comédies. Pour le reste, j'en ai pris tout ce qui s'est pu accommoder à notre usage : et. s'il m'est permis de dire mon sentiment touchant une chose /Où j ai si peu.de part, je vous avouerai en même temps que l'invention de celle-ci me charme tellement. i|ue je ne trouve rien à mon gré qui lui soit comparable en ce genre ni parmi les anciens ni parmi les modernes. Elle est toute spirituelle depuis le commencement jusqu'à la fin, et les incidents si justes et si gracieux, qu'il faut être, à mon avis, de bien mauvaise humeur pour nen approuver pas la conduite et n'en aimer pas la représentation.

Je me défierais peut-être de l'estime extraordinaire que j'ai pour ce poème, si je n'y étais conlirnié par celle qu en a faite un des premiers hommes de ce siècle, et qui non-seulement est le protecteur des savantes muses dans la Hollande, mais fait voir encore par son propre exemple que les grâces de la poésie ne sont pas incompatibles avec les plus hauts emplois de la politique et les plus nobles fondions d'un homme d'État. Je parle de M. de Zuylichem, secrétaire des commandements de monseigneur le prince d frange. (7 est lui que MM. Ileinsius et Dalzac ont pris comme pour arbitre de leur fameuse querelle, puisqu'ils lui ont adressé l'un et l'autre leurs doctes dissertations, et qui n'a pas dédaigné de montrer au public l'état qu'il fait de cette comédie par deux épigrainmes, l'un français et l'autre lïili'n, qu'il a mis au devant de l'impression qu'en ont faite les Elzeviers, à Leyden. Je vous les donne ici d'autant plus volontiers que, n'ayant pas l'honneur d'être connu de lui, son témoignage ne peut être suspect, et qu'on n'aura pas lieu de m'aceuser de beaucoup de vanité pour en avoir fait parade, puisque toute la gloire qu'il m'y donne doit êln- at-

tribuée au grand Lope de Vega, que peut-être il ne connaissait pas pour le premier auteur de cette merveille du théâtre.

IN PR;EPI.\NTISSIMI I'01;t.v: r.AI.l.lCI

CdUNELII

l'.OMOEDlAM QLiE INSCRIBITL'R MENDAX

Cravi coUiurnolorrus. orclieslrn Iruci.

hu.lum (Tueulus. Galli.T juslU!, «liipor. .\ufiivit et valiim decus C-orneliu:,.

Laudeni poeUc nuin niereiel comici Pari nitore el elegnntia. fuit Qui difputaret. et negarunt inscii ; Et mos gerendus insciis semel fuit.

El, erce. ^ossit.menliendi gratia Facetiisiiue. qiias Terenlius, pater .Amœnilaium. quas MenanHer. quas m, riitn Nectar itt-orum [Maulus el moilalium.

Si sœculo reiidantur, agn05ca^l >uas, Et quas negare uon graveniiir non sua*. Tandem poeta est: fraude, fuco, fahula.

Mendace scena viudicavil se sibi.

tiui Stagilae venil in nienlem, puta;:, Quis qua pra-ivil supputator aij:cl)ia.

Quis cogitavit illud Luclides prior, Probare rem verissimani mendacio?

COKSTAKTER, t643.

A M. CORNi;iLLE

SUn SA COMÉDII- LE ME^TEL'n

Eh bien, ce lienu ilemeur, celle lûête fameuse, ijui étonne le Khin, el Liil rougir la Meuse. Il le Tage, ti le i'ù. ti I.- libre iom;itn. De n'avoir rien produit <l êçnl à celle main, A ce Piaule rené, à cennuvean Téren{e, I.a trouve-t-on si loin, ou de rindiflérent e. Ou du juste mépris des savanis d'aujourd hui ? Je lii ns. loul ,iu VI bours, qu'elle a besoin d'appui. II.' -irjce, de pillé, de faveur affétée, b'esirème cliarité, de jounnge miprunlee. Elle est plaie, elle est fade, elle manque de sel. De pointe el ilevigueur; fl n'y a carrousel (Jù la rage el le vin n'enf.inlenl des Curneille* Capable- de fournir de plus f. aies merveilles.

Quai-jedii? ab ! OMncillc. aime mon repentir; Ton excellent Menteur ma porté à menlir. Il ma reniiu le faux si doux el si aimable. Que. sans m'en aviser, j'ai vu le véritable l;uiné lie crédit, el ai cru constamment N'y avoir plus d'honneur qu'à mentir vailliminent.

Après tout, le moyen de s'en pouvoir dcdue? A moins que d'en mentir, je n'en pouvais rien diiv. La plus haute pensée au bas de sa valeur Devenait injustice el injure à l'auteur. Qu'importe donc qu'on mente, ou que il'un faible éïogi A toi et ion Menteur faussement on déroge? Qu'importe que les tlieux se îiouvcnt irnlés De mensonges -mi bit-n dcfaussr'i vnite-?

ISS

r'3HPr

LE MENTEUR

l'EllSOKNAGES

CÉnONTE, yhe de Doi jnls.

l)OnA,\TE, lih ,1e Céromo.

ALC.IPPE, ami i!e Doranle, et amant de (llarice.

ï'IilLISTl'!, 3[iii de Durante et d'Alt ippe.

CLMllCE, maîtresse d'Alrippe.

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