‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 356 sur 788 · C1.É0PA1BE · texte numérisé non relu

C1.É0PA1BE

Puisque le même jour que ma main vous couronne Je perds un de mes fils, et l'autre me soupçonne; (Ju'au milieu de mes pleurs, qu'il devrait essuyer. Son peu d'amour nie force à me justifier; Si vous n'en pouvez mieux consoler une mère Qu'en la traitant d'égal avec une étrangère. Je vous dirai, seigneur (car ce n'est plus à moi A nommer autrement et mon juge et mon roi).

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Que vous voyez l'effet de celte vieille liaine Qu'en déjiit de la paix me garde rinluim.iine, Qu'en son cœur du passé soutient le souvenir. Et que j'avais raison de vouloir prévenir. Elle a soif de mon sang, elle a voulu l'épaiulre : J'ai prévu iras.sez loin ce que j'en viens d'a|ipiendre; Mais je vous ai laissé désarmer mon couiroux.

(A Rodoiiune.)

Sur la foi de ses pleurs je n'ai rien craint de vous, Madame; mais, ô dieux! quelle rage est la vôtre' Quand je vous donne un fils, vous assassinez l'aulre. Et m'en\ iez soudain rnni(iiii' et faible appui Qu'une mère opprimée eut pu trouver en lui Quand \ous m'accablerez, où sera mon refuge? Si je m'en plains au roi, vous possédez mon juge; Et, s'il m'ose écouter, peut-être, hélas! en vain Il voudra se garder de cette même main. Enfin je suis leur mère, et vous leur ennemie; J'ai recherché leur gloire, et vous leur infamie; Et, si je n'eusse aimé ces fils que vous m'ùli'z. Votre abord en ces lieux les eût déshérités. ITest à lui maintenant, en celte concurrenee, A régler ses soupçons sur cette diffi'ience, A voir de qui des deux il doit se défier. Si vous n'avez un charme à vous justifier.

RODOGUSE, à Cléopâlre.

Je me défendrai mal : l'innocence élonme Ne peut s'imaginer qu'elle soit soupçonnée. Et, n'ayant rien prévu d'un attentat si grand, Qui l'en veut accuser sans peine la surprend.

Je ne m'étonne point de voir que votre haine Pour me faire coupable a quitté Timagène. Au moindre jour ouvert de tout jeter sur moi, Son récit s'est trouvé digne de votre foi. Vous l'accusiez pourtant quand votre âme alarmée Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée. Mais, de ses derniers mots voyant le sens douteux, A'ous avez pris soudain le crime entre nous deux. ('(■ries, si vous voulez passer pour a éritahle Que l'une de nous deux de sa mort soit cou|)able. Je veux bien par respect ne vous imputer lieii ; Mais votre bras au crime est plus fait que le mien ; Et qui sur un l'-poux fil son apprentissage A bien pu sur un fils achever son ouvrage. Je ne dénierai point, puisque vous le savez. De justes sentiments dans mon âme élevés : Vous demandiez mon sang, j'ai demandé le v(Jtre : Le roi sait quels motifs ont poussé l'une el l'autre; Comme par sa prudenc:' il a tout adouci. Il vous connaît peut-être et me connaît aussi.

(A Antioclius.)

Seigneur, c'est un moyen de vous être bien chère Que pour don nuptial vous immoler un frère : On fait plus; ou m'impute un coup si plein d'horreur. Pour me faire un passage à vous percer le cœur.

i.A* Cléopâlre.)

Où fuirais-je de vous après tant de furie. Madame? et que ferait toute votre Syrie, Où, seule et sans appui contre vos attentats.

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