‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 365 sur 788 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

SCI-NE PREMIERE

LÉONTIiSE, El'UOXJI.

LÉO.NTIXE.

Voilà ce que j'ai craint de son âme enflammce.

EunoxE. S'il m'eûl caché son sort, il m'aurait niai aimée.

LiiiiMiffi:- Avec trop d'imprudence il vous l'a révélé. Vous êtes iille, Eudoxe, et vous avez parlé : Vous n'avez pu savoir cette grande nouvelle Sans la dire à l'oi^ille à quelque âme infidèle, A quelque esprit loger, oii de votre lieur jaloux, A qui ce grand secret a pesé comme à vous. C'est par là qu'il est su. c'est par là qu'on publie Ce prodige étonnant d'Iléraclius en vie; C'est par là qu'un tyran, plus instruit ([ue troublé De l'ennemi secret qui l'aurait accablé, .^joutera bientôt sa mort à tant de crimes, El se sacrifiera pour nouvelles victimes. ' Ce prince dans son sein pour son fils é.levé, Vous qu'adore son âme, et moi qui l'ai sauvé. Voyez combien de maux pour n'avoir sti vpus taire!

EUDOXE

Madame, mon respect souffre tout d'une mère, Qui, pour peu qu'elle veuille écouter la raison, Ne m'accusera plus de celte trahison; Car c'en est une enfin bien digne de supplice Qu'avoir d'un tel secret donné le moindre indice.

lÉONTINE.

Et qui donc aujourd'hui le fait connaître à tous'? Est-ce le prince, ou moi?

EUDONE.

Ni le prince ni vous.

De grâce, examinez ce bruit qui vous alarme. On dit qu'il est on vie, el son nom seul les charme. On ne dit point comment vous trompâtes l'hocas. Livrant un de vos fils pour ce prince au trépas, Ni comme après, du sien étant la gouvernante, Par une tromperie encor plus importante. Vous en fttes l'échange, et, prenant Martian,

Vous laissâtes pour fils ce prince à son tyran :

En sorte que le sien passe ici pour mon frère.

Cependant (|ue de l'autre il croit être le père.

Et voit en .Martian l.i'onco qui n'est plus,

Tandis que sons ce nom il aime lléracliiis.

On dirait tout cela si. par quelque imprudence,

Il m'était écliappe d'en faire c(Mifidonre;

Mais pour loiilo nouvelle on dit i]u'il est vivant;

Aucun n'ose pousser l'histoire plus avant.

Comme ce sont pour tous des routes'inconnues, ^

, Il semble à quelques-uns qu'il doit tomber des nnci;

* Et j'en sais tel qui nt(âl, dans sa simplicité, Que pour punir Phucas Dieu l'a ressuscité. Mais le voici.

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