‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 368 sur 788 · ACTE II, SCENF. III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENF. III

Jninais l'ocrasion r;c s'offrira si Iiellc. Vous voyez un },rand ppiipl" à ilomi révolti'. .

S;in# qu'on sache l'anti'Ur de colle nouveauté. Il semble que de llieu la main appc>anlie, .Se faiixiiil du tyran l'effroyable partie, •"

Veuille avancer par là son juste cliàlimenl ; flue, par un si grand bruit semé confusément, Il dispose les cvuts à prendre un nouveau mailre, El presse lléraclius de se faire connaître. C'est à nous de répondre à ce qu'il en prétend : Montrons ll''raclius au peuple qui l'allend; Évitons le hasard qu'un inqwsieur l'abuse, Et (]u'apri's s'être armé d'un nom que je refuse, De mon trône, à Plioeas sous ce titre arraché, Il puisse me punir de ni'èlre trop caché. Il ne. sera pas temps, madame, de lui dire Qu'il nie rende mon nom , ma naissance et l'enipirc Quand il se prévaudra de ce nom déjà pris Pour me joindre a» tyran dont je passe pour fils.

LÉOMINE.

Sans vous donner pour chef à cette populace. Je romprai bien encor ce coup, s'il vous menace; 3Iais gardons jusqu'au bout ce secret iinportaiil; Fiez-vous [ilus à moi qu'à ce jieuple inconslanl. Ce que j'ai fait pour vous depuis votre naissance Scmbic'digne, seigneur, de cette conliaiice : Je ne laisserai point mon ouvrage imparfait, Et bientôt mes desseins auront leur plein effet, Je punirai Phocas, je vengerai .Maurice; *3las aucun n'-aura part à ce grand sacrifice : J'en \eiix toute la gloire, et vous Tue la de\ez. Vous réjjjieroz par moi, si par moi vous«*ivez. Laissez entre mes mains mûrir vos destinées, Et ne hasardez point le fruit de vingt années.

r.onoxE.

Seigneur, si votre amour peut écouler mes pleurs, >'e vous exposez point au dernier des malheurs. La mort de ce tyraii , quoique trop légitime, Aura di dans vos mains 1 image d'un grand crime : Le peuple pour miracle osera maintenir Que le ciel jiar son (ils l'aura voulu punir; Et sa haine obstinée après cette chimère Vous croira parricide en vengeant votre père; La vérité n'aura ni le nom ni l'elTet Que d'un adroit menîonge à couvrir ce forfait; Et d'une telle erreur l'onibFe sera trop noire Pour r* pas obscurcir l'éclat de voire -gloire. Je sais bien que l'ardeur de venger vos parents.,.

.UÉP..\CLUS.

Vousëii êtes aussi, madame, et je me reods; Je n'exaiijjne rien, et n'ai pas la puissance L'e combattre l'amour et la reconnaissance; I Le secret est à vous, et je serais ingrat jSi sans votre congé j'osais en faire éclat, '■ Puisque, sans votre aveu, toute mon aventure I Passerait pour un songe ottpour une imposture. j Je dirai plus : l'empire est plus à vous qu'à ii.oi. iPuisquà Lionce mort-tout entier je le doi;

C'est le prix de son sangf c'est pour y satisfaire Que je rends à la sœui» ce que je tiens du frère : .\on que jiour m'acquitleppar celte élection .Mon devoir ait forcé mon inclination; Il pr.seiilatnon cœur aux yeux (jui le charmèrent; Il prépara mon àme aux leux qu'ils allumèrent; Et ces yeux tout divins, par un soudain pouvoir, Achevèrent sur moi l'effet de ce devoir. Oui, mon cœur, chère Eudo.xe, à (^ trône n'aspire Que pour vous voir bientôt maîtresse de l'empire. Je ne me suis voulu jeter dans le hasard Que par la seule soif de vous en faire part; C'était là tout mon but. Pour éviter l'inceste Je n'ai qu'à m'éloigner de ce climat funeste; Mais, si je me dérobe au rang qui vous est dû. Ce sera par moi seul que ^us l'aurez perdu: Seul je vous ôlerai ce que je dois vous rendre. Disposez des moyens et du temps de le prendre. Quand vous voudrez régner, faites-m'en possesseur: .Mais, comme enfin j'ai lieu de craindre pour ma so;ur, Tirez-la dans ce jour de ce péril oxiréme, Ou demain je ne prends conseil que de moi-mèmfr

LLOMINE.

. Reposez-vous sur moi, seigneur, de tout son sort. Et n'en appréhendez ni l'hymen ni la mort.

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