‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 373 sur 788 · ACTE II, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII

Félix est moit, tnadaine, et naguère en iiioiimiU

Il leinit ce dépùt à son plus cher parent;

Et, m'ayant tout conté : « Tiens, jil-il, Exfipère,

« Sers ton prince, et venge ton père. » Armé d'un tel .secret, seigneur, j'ai voulu \oir (,'oiiibien parjni le peuple il aurait de pouvoir. J"ai l'ait semer ce liriiit sans vous faire connaître; Et, Miyaiit tous les c<eurs vous ."ou lia iler pour maître, J"ai ligué du tyran les secrets ennemis. Mais .«ans leur découvrir plus qu'il ne m'est jjeriiiis. Ils aiment votre nom, sans savoir da\antage; El cette seule joie anime leur courage. Sans qu'autres que les deux qui vous panaient là-bas De tout ce qu'elle a fait sachent plus que l'hocas. Vous venez de savoir ce que vous vouliez d'ille; C'est à \ous (le répondre à son généreux zèle. Le peuple est mutiné, jios amis assendilés, Letvran effrayé, ses confidents troublés. Donnez l'aveu du prince à sa mort qu'on apprête, Et ne dédaignez pas d'ordonner de ïa tête.

, SIARTIJN.

Surpris des nouveautés d'un tel événement. Je demeure à vos yeux muet d'étonnement.

Je sais ce que je dois, niadame. au grand service Dont vous avez sauvé l'héritier de .Maurice. Je croyais, comme fils, devoir tout à vos soins. Et je vous dois bien plus lorsque je vous suis moins; Mais, pour vous expliquer toute ma gratitude. Mon ÙMiè a trop de trouble et trop d'inquiétude. J'ainuii#, vous le savez, et mon cœur enflammé Trouve enfin une soeur dedans l'objet aimé, .le ];erds une maîtresse en gagnant un empire : Mon amour en murmure, et mon cœur en soupire : Et de nulle piMisers mon esprit agité l'araft enseveli dans la slupiilité.

Il est temps d'en sortir, l'honneur nous le commande. Il faut donner un chef à votre illustre bande : Allez, brave Exupère, allez, je vous rejoins; Souffrez que je lui parle un moment sans témoins. Disposez cependant vos amis à bien faire; Surtout sau\ons le fils en immolant le pcre : Jl n'eut rien du tyran qu'un peu dh mauvais sang Dont la dernière guerre a tropjiurgé son liane.

EXUPÎUE.

Nous vous rendons-, seigneur, entière obéissance, El nous allons atlendre avec impatience.

sckm: vu

M\r,Ti.\>', li':ontim;, i;n;oxE.

MAMIAN.

.Madame, pour laisser îovte sa dignité

A ce dernier effort de générosité, -

Je crois que les raisons que vous m'avez données

M'en ont seules caché le secret t ml d'années

Il antres soupçcinnerarent qu'un peu d'ambition,

Ihi prince Martiaii voyant la passion.

Tour lui voir sur le trône élever voire fille.

Aurait voulu lai^se^ l'empire en sa famille, El me faire trouver un tel destin plus doux Dans réternclle erreur d'èlre'sorti de vous; .Mais je tiendrais à crime une telle pensée. Je me plains seulement d'une ardeur insensée. D'un détestable amour (jne pour ma propre sieur Vous-même vous avez allumé dans mon c<eui-. (}uo\ dessein faisiez-vous sur cet aveugle inceste'?

LKOMINE.

Je vous aurais tout dit avant ce no^ud funeste; Et je le craignais peu, trop sûre que l'hocas. Ayant d'autres desseiiis, ne le souffrirait pas.

Je voulais donc, seigneur, qu'une flamme si bidie l'orlàt votre courage aux vertus dignes d'elle. Et que votre valeur l'ayant su mériter. Le refus du tyran vous pfit mieux irriter. Vous n'avez pas rendu mon esjx'rance vaine : J'ai vu dans votre amour une source de haine; Ij j'ose dire encor qu'un bras si renommé l'eut-êlre aurait moins fait si le cœur n'eût aimé. Achevez donc, seigneur; et, puisque Pulchérie Doit craindre l'atteniat d'une aveugle furie...

ÎIAUTIAX. m'

Peut-être il vaudrait mieux fhoi-njême la pi'rter A ce que le txran témoigne en souiiaiter : Son amour, qui pour moi résiste à sa colère, -N'y résistera plus ([uand je serai son frère, l'ourrais-je lui trouver un plus illustre époux?"

léomim;.

Seigneur, qu'allez^yous faire? et que me dites-vous?

MAMIAX.

Que peut-être, pour rompre un si digne hyinénée, •l'expose à tort ma tête avec ma destinée, Et lais d'Iléraclius un chef de conjurés l!ont je vois les complots encor mal assurés. Aucun d'eux du tyran n'approche la personne; Et quand même l'issue eu pourrait être bonne, l'eut-êlre il m'est honteux de reprendre l'État Par l'infâme succès d'un lâche assassinat; Peut être il vaudrait mieux entête d'une armée l'aire parler pour moi toute maTenonimée, Et, trouver à l'empire un chemin glorieux Pour venger mes parents d'un bras xictorieux. C'est dont je vais résoudre avec celte princesse, Pour qui non plus l'amour, mais le sang m'intéresse. Vous, avec votre Eudoxe...

LlioNTl.M;.

.Ah! seigneur, écoulez!

MAnii.vx.

J'ai besoin de coftseils dans ces difficultés; .Mais, à parler sans fard, pour écouter les vôtres, Oulre mes intérêts, \ous en avez trop d'autres. Je ne soupçonne point vos vœu.x ni votre foi ; Mais jo ne veux d'avis que d'un cœur tout à moi. .Adieu.

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