ACTE 111, si;i:ne il
El, roniiue tous mes feux n'avaient rien que do saint,
L'hotiiieiir les alluma, le devoir les éleinl.
Je ne vois plus d'arnaiit où je reueonire un frère;
L'un ne peut njc touelier ni l^iuh'e me déplaire;
Et je tiendrai toujours mon Imnlieur inlinfe
Si les miens sont vengés et le tyran puni.
\'ous, que va sur le trône élever la naissance, liégiiez sur votre co'ur avianl qui* sur Ilyzance; El, doiiiplanl comme moi ce dan^'erenx mutin. Commencez à répondre à ce nolile deslin.
»nr.iux.
Ah! vous fûtes toujours l'illustre l'ulclicrie. En fifle d'emperenr dès le berceau nourrie; r Et ce grand nom sans peine a pu vous enseigner Comment dessus vous-même il vous fallait régner; Mais pour nior, qui, caché sous une antre avenlure. D'une àme plus commune ai pris quelque teinture. Il n'est pas mervcilleuv si ce que je me crus TUèle iin peu de Léonce a^u canir d'IIi'raclius. A mes confus regrets soyez donc moins sévère : C'est Léonce qui parle, et non pas votre frère; Mais, fi l'un parle mal, l'autre va bien agir, El l'un ni'l'aulre enfin ne vou^fera rougir. Je vais des conjurés embrasser lentrepiise. Puisque une Ame si haute à frapper m'autorise. Et tient que. pour répandre un si coupable sang. ' L'assassinat est noble et digne de mon rang. Pourrai-je cependanrvous faire une prière?
PlLCIlÉniE.
Prenez sur Pulchérie une puissance entière.
JMRIIAN.
Puisque un amant si cher ne peut plus être à vous, M vous mettre l'empire en la main d'un époux, Epousez Martian comme un autre moi-même; Ne pouvant être à moi, soyez à ce que j'ainu*.
riLCUKRii;.
Ke pouvant être à vous, je pourrais justement Vouloir n'être à personne et fuir tout antre amant; Mais on pourrait nommer cette fermeté d'âme In reste mal éteint d'incestueuse flamme. Alin donc qu'à ce choix j'ose tout accor.ler. Soyez mon empereur pour me le commander. Martian vaut beaucoup, sa personne m'est chère; Mais purgez sa vertu des crimes de son père. Et donnez à mes feux pour légitime objet Pans le fils du tyran votre premier sujet.
JIARTIAN.
■ Vous le voyez, j'y courss mais enfin, s'il arrive * Que l'issue en devienne ou'l'nneste ou tardive, *Votre perte est jurée; et d'ailleurs nos amis Au tyrag immolé voudront joindre ce (ils. ^auvez d'un tel péril et sa vie et la vôtre; Par cet heureux hymen conservez l'un et l'autre; Garantissez ma sœur des fureurs de l'Iiocas Et mon ami de suivre un tel père au trépas. Faites qu'en ce grand jour la troupe d'Exupère Dans un sang odieux respecte mon beau-frère; Et dniinez au tyran, qui a'en pourra jiuir, Queli]ue5 moments de joie afin de l'iîbluuir.
I'iiciu'rie-.
.Mais durant ces moments, unie à sa famille, Il de\ icndra mon père, et je serai sa fille; Je lui devrai respect, amour, fidélité; îla-liaine n'aura i>his d impétuo.sité ; Et tous lues vaux pour vous s'M'ont mois et timides (.Inand mes vrfux contre lui seront oes parricides. fUitre (|ue le succès est encore ;i douter, (.lue l'on peut vous trahir, qu'il peut vous résister. Si \ous y succombez, pourrai-je me dédire D'avoir porté chez lui les titres de l'empire? Ah ! combien ces moments de quoi vous me flattez Alors pour mon supplice auraient d'éternités! Votre haine voit peu l'erreur de sa tendresse; Comme elle vient de naître, elle n'est que faiblesse; l.a mienne a plus de force, et les yeux mieux ouverts; Et, se dut avec moi perdre tout l'univers. Jamais un seul moment, quoi que l'on puisse faire, Le tyran n'aura droit de niê traiter de père. Je ne refuse au fils ni mon coîur ni ma foi : Vous l'aimez, je l'estime, il est digne de moi; Tout son crime est un père à qui le sang l'attache; Quand il n'en aura plus, il n'aura pkis«de tache; Et cette mort, proiiice à former ces beaux nœuds. Purifiant l'objet, justifiera mes feux.
Allez donc préparer cette heureuse journée. Et du sang du tyran signez cet hyménée. .Mais quel mauvais démon dc\ ers nous le conduit?
SIAP,Tl.\îi.
Je suis trahi, madame, Exupère le suit.