ACTE III, SCE.NE V
2St
'Prends mon saiipr pour le sion; mais, s'il y tant mon misse llérat-lius avL'c sa Irislc SdnirI [i(L'ur,
l'IlOCAS.
ih bieii, il \a |ii'rir; ta ilaino i}n est compiles.
PUI.CIIl'[llE.
Et je verrai» du ciel bienlùt choir ton supplice. Dieu, pour le réserver à s;s puissantes mains,
jfail «ivurter exprès tous les moyens humains : Il veut frap|ier le coup sans notre ministère. Si l'on t'a bien donné Léonce pour mon frère, Lesf/uatre aiilies peiil-rtiv à tes yeu\ abusés
, Ont été comme lui des Césars supposés. L'État, qui. dans leur mort voyait trop sa ruine, Avait des f,'énérau\ autres que Léonline; ' Ils trompaient d'un barbare aisément la fureur, Qui n'avait jamais vu la cour ni l'empereur. Crains, tyran, crains encor tous les quatre peul-ètre : L'un après l'autre enfin se vont faire paraitie;
ftt, nialt,'ré Ions tes soins, mal^,'r(' tout Ion elTorl, Tu ne les ci n lailras qu''in recevant la mort. Moi-même, à leur défaut, je serai la coiu|uêle De quiconque à mes pieds apportera ta léte; L'esclave le pins vil qu'on jtuisse imaginer Sera digne de moi s'il peut l'assassiner. Va perdre iléraclius et quitte la pensée Que je me pare ici d'une vertu forcée; Et, sans m'imporluner de répondre à tes vœux. Si tu prétends régner, défais-toi de tous deux.
SCÈM' )V
PIIOCAS, li.XLl'liRE, AMiNTAS.
riiocis.
J'écoute avec plaisir ces menaces frivoles; .le ris d'un désespoir q'ii n'a que des paroles; El, de quelque façon qu'elle m'ose oulrager. Le sang d'Iléraclius m'en doit assez venger.
Vous donc, mes vrais amis, qni me ti:ez de peine; Vous, dont je vois l'amour quand j'en craignais la Vuus, qui m'avez livré mon secret ennemi, [haine. Ne soyez-point vers nioi fidèles à demi : llésolvez avec ifidi des moyens de sa perte; La ferons-nous secrète ou bien à force ouverie? Preudions-nous le plus sur ou- le plus glorieu.\'?
■ Seigneur, ii'endoutez point, leplussùrvaul le mieux;
j Mai»lo plus sur pour vous est que sa mort éclate, l:e peur qu'en l'ignorant le jieuple ne se Halte, N'attende encor ce prince et n'ait queltjue raison Ue courir eu aveugle à qui prendrason nom.
PIIOBAS.
lloiie, pouTtôtcr tout doute à cette populace, .\ous enverrons sa tête au milieu de la place.
hXli'tr.E.
Mais, si vous la coupez dedans votte palais,
Ces obstinés mutins ne le croiront jamais;
Et, sans (jue pas un d'eux à son erreur renonce,
Ils dirniii (|ii'.iM impule un faux nom ;i Li'nnii', Hn'oii en fait un fanti'nne aliii de li's Ironipcr, Prêts à suivi!" toujours qui voudra l'usurpi/r.
rHOCAS.
Lors nous leur ferons voir ce billet de Jlaurice.
KxniÉRE. , .1
Ils le tiendront pour faux et pour un arlifice :
.Seigneur, après vingt ans vous e.'pi'rez en vain
Une ce peuple ait des yeux pour connaîtie sa main.
Si vous voulez calmer toute cette tempêle,
H faut en pleine place abatlre cette lète,
El qu'il dise, en mourant, à ce peuple «mfus :
« Peuple, n'en doute point, je suis Iléraclius. d
l'iiecAS.
11 le faut, je l'avoue; et déjà je destine A ce même écbafaud l'infànie Léonline.
.Mais si ces insolents l'arrachent de nos mains?
EXUHÈRE.
Qui l'osera, seigneur?
riiocAs.
Ce peuple que tu crains.
EXL'Pir.E.
Ah! souvenez-vous mieux des désordres qu'enfante Dans un peuple .sans chef la première épouvante. Le seul bruit de ce prince au palais arrêté Dispersera soudain chacun de son côté; Les plus audacieux craindront voire justice. Et le reste en tremblant ira voir son sujiplice. .Mais ne leur donnez pas, tardant trop à punir. Le temps de se remettre et de se réunir : Envoyez des soldats à chaiiue coin des rues; ' Saisissez l'Hippodrome avec ses avenues; |)ans tous les lieux publics rendez-vous le plus fort. Pour nous, qu'un tel indice intéresse à sa mort, , De peur que d'autres mains ne se laissent séduire, .lusquesà l'échafaud laissez-nous le conduire. .Nous aurons trop d'amis pour en venir à bout; J'en réponds sur ma tête et j'aurai l'œil à tout.
riiocAs.
C'en est trop, Exupère : allez, je m'abandonne *
Aux fidèles conseils que votre ardeur me dnnnc. (Test l'unique moyen de donqiter nos uiutins Et d'éteindre à jamais ces troubles intestins. Je vais, sans différer, pour cite grande affaire, Donner à tous mes chefs un ordre nécessaire. Vous, pour répondre aux soins que vous m'avez pro- Allez de votre part assembler vos amis, [mis.
Et croyez qu'après moi, jusqu'à ce que j'expire, Us seront, eux et vous, les maîtres de l'empire.
EXUPÈni:, AMINTAS.
E\CI'l';P,E.
Nous sommes en faveur, ami, tout est à nous : L'heur de notre destin va faire des jaloux.
AXII>TAS.
Quelque allégresse ici que vous fassiez paraître.
ii:ii ACLirs.
Trouvez-vous (.loux les noms de [-.ertiilc ri ilo Iraihc'.'
i;xi'n";i:E.
Je s;iis ([u'aux ;;(:néroiix ils doivciil fnire liorreur; Ils m'ont frappé l'oi-eille, ils m'ont blessé le eo'ur; Mais bientôt, jiar l'ert'et que nous devons atlendrc. Nous serons en état de ne les plus entendre. Allons; pour un nujment qu'il faut les endurer, Ne fuyons pas les hiens qu'ils nous font espérer.